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Réconcilier Paris avec ses voisins

Au fil de l’histoire, l’élargissement de Paris fut le fruit de sédimentations successives, par fusion avec les anciens bourgs limitrophes, Montmartre, Ménilmontant… Un nouvel élargissement de Paris au-delà de ses frontières actuelles semble inéluctable.

Notre méthode pour élargir Paris

Un nouvel élargissement de Paris au-delà de ses frontières actuelles semble inéluctable, pour de nombreuses raisons :

  • Tous les enjeux auxquels la Capitale est aujourd’hui confrontée, se loger, se déplacer, vivre, respirer, ne pourront trouver de réponses pérennes qu’en travaillant avec nos voisins.
  • Logement, transports, densité… Tels de trop nombreux Parisiens contraints de vivre dans un logement trop petit, Paris étouffe dans sa ceinture intramuros…
  • La question du devenir du périphérique est prégnante.
  • La métropole du Grand Paris vivote au sein d’un millefeuille territorial francilien indigeste (7 niveaux de collectivités !) ce qui manque singulièrement de lisibilité et d’efficacité dans l’action publique.

Pour autant, le rapprochement de Boulogne, Ivry, Aubervilliers, Neuilly et Paris ne peut ni se décréter, ni s’imposer aux habitants sans consultation, ni préparation, d’autant plus à l’issue d’un mandat au bout duquel les tensions avec nombre de nos voisins n’ont eu de cesse de s’exacerber.


Nos propositions

Renouner le dialogue

La première condition d’une mise en commun des forces de nos communes, c’est de renouer le dialogue. Ce dialogue doit avoir comme objectif d’aboutir, d’ici la fin de la prochaine mandature, à lancer cette nouvelle communauté de projets que nous devons inventer, collectivement. Nous proposons de créer dès 2020, avec l’ensemble de nos voisins qui le souhaitent, la Conférence Paris – communes, “PariCo” une instance dont l’objectif sera de déterminer d’ici 2026, les formes et les contours de cette mutualisation.

Cette nouvelle communauté peut prendre plusieurs formes. Dans cette optique, les possibilités que laissera la différenciation territoriale, rendue possible par la réforme constitutionnelle qui devrait voir le jour et portée de longue date par le Mouvement Démocrate, tant au gouvernement qu’au Parlement, permettra de définir une solution « sur-mesure » pour peu qu’elle réponde à de grands objectifs : simplification, gouvernance partagée, économies de gestion.

Expérimenter avec des projets concrets

Deuxième étape, expérimenter cette gouvernance partagée par des projets concrets. Création, puis gestion commune d’équipements publics (conservatoires, centres d’animation, piscines, crèches, voire inclusion de certaines communes au sein du rectorat de Paris…), permettant à la fois des économies d’échelle grâce à des financements communs, et une pratique quotidienne du rapprochement avec les autres communes. La gestion de ces équipements, tout comme la conduite de projets, sera facilitée par la possibilité de recourir à des “doubles détachements” de fonctionnaires territoriaux, employés à la fois par la Ville de Paris et par une commune voisine concernée, comme cela est permis par la loi de la Transformation de la fonction publique. Une édition commune du budget participatif sera également proposée via la conférence PariCo, en 2023.

Transformer le boulevard périphérique

Troisième étape, l’avenir du boulevard périphérique. Bien évidemment, ce nouvel élargissement de Paris ne pourra se faire sans régler la question du périphérique, aujourd’hui véritable frontière mentale et physique entre Paris et ses voisins. Suppression, transformation en boulevard urbain, maintien avec appels à projets urbains innovants pour bâtir « sur » le périphérique ou « en-dessous », les propositions sont nombreuses. Cette question va de pair avec celle des portes de Paris, et la question des jonctions, notamment piétonnes, cyclables et de transports en commun.

Certains principes pourraient être défendus, comme la suppression, dans un premier temps, d’une entrée de périphérique sur cinq et la mise en place de parkings relais aux portes restantes, avec un tarif couplé parking / transports en commun ou gratuit avec le Pass Navigo.

L’espace récupéré pourra être requalifié, notamment pour créer des « tiers lieux » (bureaux partagés permettant l’échange, associant une haute qualité de service et des activités ouvertes sur le quartier).

Ce ne sera que dans ce cadre, et de manière unanime, que sera abordée et le cas échéant adoptée une position sur un éventuel péage urbain.

Décentraliser les compétences

La quatrième étape passe par un nouveau contrat avec les arrondissements. La situation actuelle, qui voit l’échelon de proximité privé de tous les leviers d’action, ne peut perdurer. Nos citoyens réclament l’efficacité de l’action publique et la réponse ne peut pas être “ce n’est pas de mon ressort”. Ce n’est pas acceptable, même si c’est la réalité. Les Parisiens n’ont pas à souffrir de dysfonctionnements liés à la gouvernance singulière de la ville qui perdurent depuis trop longtemps.

La ville de Paris doit évoluer dans sa pratique : il est temps de mettre fin aux batailles de tranchées entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement. La gouvernance doit être revue en profondeur pour permettre de mieux associer les élus, quelle que soit leur couleur politique, à l’administration de la ville. La bipolarisation entre mairie centrale et mairies d’arrondissement et majorité et opposition doit être dépassée, les pratiques rénovées, au service des Parisiens.

Le Mouvement Démocrate de Paris considère également, de longue date, qu’il faut décentraliser aux arrondissements une partie des compétences de la ville de Paris. C’est le cas de la gestion des politiques de proximité, telles que la propreté, mais également de l’octroi et du contrôle des subventions aux associations locales ou encore un pouvoir de codécision dans la définition de l’urbanisme ou de l’implantation de logements sociaux


En synthèse

  • Création d’une Conférence “PariCo” dès 2020, avec l’objectif de signer un engagement de coopération d’ici 2026.
  • Conception d’un projet commun pour la transformation du périphérique.
  • Expérimentation dès 2020, de projets d’équipements publics mutualisés entre Paris et ses voisins.

Réconcilier Paris avec la banlieue et la province

Paris s’enrichira du renforcement de ses relations avec les communes et collectivités d’Ile-de-France et des autres régions françaises.

Cela passera par la création d’un adjoint chargé de ces questions, sorte “d’ambassadeur” de la collectivité parisienne en dehors de ses frontières. Son rôle sera, à la fois, de procéder à des échanges de bonnes pratiques, mais également en identifiant des partenariats, sur tous sujets, permettant un enrichissement mutuel des politiques locales.


Nos propositions

  • Favoriser les partenariats avec les agriculteurs et maraîchers d’Ile-de-France afin de mettre en place de circuits courts pour les cantines scolaires et celles des administrations parisiennes.
  • Inciter les établissements culturels parisiens à faire des échanges culturels avec leurs homologues en banlieue et en province.
  • Permettre à la Ville de Paris de participer au fonctionnement de l’Agence nationale des territoires (ANCT), instituée par la loi du 22 juillet 2019, en étudiant la possibilité de mettre ponctuellement certains de ses agents au service de cette agence et des autres communes à travers la France, pour faire bénéficier d’une éventuelle expertise.
  • Mettre en place un réseau de solidarité entre Paris et des communes rurales pour l’accueil de réfugiés avec des aides logistiques (navettes de transport, éducation, logement, etc.)

Réconcilier Paris avec ses visiteurs

Redéfinir une stratégie du tourisme à Paris

Les touristes, qu’ils soient touristes « conventionnels » ou touristes d’affaires, sont une source de ressources économiques (le tourisme est la première industrie à Paris), mais aussi de lassitude chez ses habitants. Il semble en effet que l’on ait oublié ces dernières années que l’attractivité de notre ville était un enjeu pour les Parisiens et non simplement pour les visiteurs. L’attractivité a un prix et doit être intégrée à la réflexion sur le modèle touristique portée par la Ville-lumière. 


Nos propositions

Promouvoir un tourisme de qualité plutôt qu’un tourisme « de masse »

  • Appui à toute initiative parlementaire qui permettrait aux collectivités de fixer librement la limitation en nombre de jours par an des meublés touristiques, avec l’objectif d’abaisser, dans un premier temps, à 60 jours le nombre maximal pour la location par an pour un logement principal
    • Demander à l’État que les locations de meublés touristiques, passées un certain seuil annuel de nuitées, fassent l’objet d’un agrément d’hygiène et de sécurité adapté.
    • Déployer une campagne de prévention et de contrôle des punaises de lit dans les meublés touristiques. 
  • Définir un cahier des charges des produits touristiques dans les kiosques et bouquinistes parisiens, en vue d’en améliorer la qualité, et lutter contre les contrefaçons et le gaspillage.
  • Lancer un appel à projets “Fabriquer à Paris” centré sur les produits touristiques pour favoriser le développement d’une filière locale de qualité.
  • Développer un plan, avec l’Office de tourisme de Paris, de nouvelles destinations « de quartier » pour sortir des sentiers battus, et valoriser les identités fortes et renouvelées des quartiers.
  • Mettre en place une application « Paris circuits », présentant différents parcours touristiques, à pied ou en mobilités douces, par thème (histoire des sciences, architecture, parcours gourmand, etc.).
  • Déployer une stratégie d’affichage publicitaire ciblée par rapport aux lieux de tourisme, valorisant les commerçants de quartier, en plusieurs langues.
    • S’appuyer sur la SEMAEST pour accompagner les commerçants volontaires de ces quartiers vers un meilleur accueil touristique : formations en langues étrangères, redéfinition de l’offre, etc. 
  • Mettre en place des jumelages de quartiers de villes étrangères avec des quartiers parisiens, accompagnés d’échanges scolaires et culturels.
  • Refondre les « pelles Starks » et uniformiser la signalisation touristique.
  • Déployer un grand plan de formation à l’anglais et aux langues étrangères pour les fonctionnaires de la Ville de Paris (et de la Préfecture de Police) des taxis, personnels de la RATP et commerçants, afin de pouvoir renseigner plus facilement les touristes.
  • Repenser les célébrations des fêtes de fin d’année à Paris afin de doter Paris d’un événement à la hauteur de son image, s’appuyant sur un dispositif mettant en valeur le patrimoine de la capitale.

Promouvoir l’éco-tourisme à Paris

  • Définir une nouvelle stratégie avec l’Office de tourisme de Paris pour encourager les séjours longs, plutôt que les “City break”.
  • Développer l’éco-hôtellerie.
  • Promouvoir l’économie circulaire et le 0 déchet dans l’hôtellerie à travers l’octroi d’un label de qualité.
  • Développer les partenariats avec les meublés touristiques et les hôtels pour le développement de “visuels notices” de recyclage en différentes langues.
  • Généraliser le calcul de l’empreinte carbone à l’ensemble de la consommation touristique.
  • Développer un forfait “tourisme” pour Vélib et les voitures partagées et proposer des tarifs négociés aux tour-opérateurs.
  • Interdire la circulation des cars de tourisme à Paris.
  • Déployer une flotte de navettes électriques (ou vignettes Crit’air 0) et favoriser l’utilisation de transports en commun ou partagés.
  • Améliorer l’information touristique dans les transports en commun pour inciter les touristes à les utiliser.

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