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Réconcilier les parisiens entre eux

La thrombose des rues parisiennes et l’hostilité de son environnement ont transformé la mobilité des Parisiens et visiteurs en combat.

Apaiser l’espace public

Se déplacer à Paris n’a jamais été aussi difficile. Et contrairement à ce que le développement ininterrompu des congestions pourrait laisser croire, cela ne concerne pas seulement les déplacements en voiture.

Cette asphyxie se retrouve également les transports en commun, dont la fréquentation a augmenté de 217 000 personnes par jour en moyenne entre 2013 et 2018 faisant du métro parisien le réseau le plus fréquenté d’Europe. Des utilisateurs qui ont vu parallèlement les conditions se dégrader qu’il s’agisse du réseau souterrain - métro et RER -, du réseau de bus ou encore du tramway.

La part des mobilités dites actives reste loin des 15% des déplacements fixés comme objectifs en début de mandature. Les raisons en sont connues : le fiasco Vélib d’une part, qui a freiné le développement des déplacements cyclistes ainsi que le retard pris dans les aménagements cyclables et les espaces de stationnement sécurisés qui constituent des rouages essentiels au développement d’une véritable politique cyclable.

Parallèlement, le nombre de deux-roues motorisés, dont on connaît la contribution à la pollution de la capitale, a continué d’augmenter.

En 5 ans ½, le paysage des mobilités a profondément été transformé. Autolib s’est subitement arrêté, sacrifié par la Ville sur l’autel de la rentabilité. Vélib a quasiment disparu pendant plus d’une année. Et de nouvelles offres sont apparues : l’explosion de l’offre VTC, mais également des tuk-tuk, a engendré un recul de l’activité des taxis parisiens ; le développement anarchique du free floating : vélos, vélos électriques et trottinettes ainsi que des nouveaux engins de déplacement personnels - gyropodes. Si l’offre, souvent incontrôlée, a augmenté donnant un choix plus large aux usagers, le coût du mix déplacement pour les Parisiens s’est considérablement renchéri.

Alors que les Parisiens sont, tous, multimodaux, la thrombose des rues parisiennes et l’hostilité de son environnement ont transformé la mobilité des Parisiens et visiteurs en combat. Vélos contre piétons, piétons contre voitures, voitures contre piétons, trottinettes contre le reste du monde, usagers du métro contre usagers du métro, cyclistes « experts » contre cyclistes occasionnels, la chaussée parisienne est devenue le théâtre de conflits d’usage permanent.

L’étouffement et la surdensité de Paris est une des causes de cette thrombose, mais la politique de mauvaise gestion du partage de l’espace public ces dernières années en est une plus importante encore.

Renouer avec le civisme et le respect des règles au profit de la sécurité routière

La voirie parisienne s’est progressivement transformée en zone de non-droit, engendrant du stress quotidien pour ses utilisateurs et parfois même des drames. La sensibilisation des différents publics au nécessaire partage de la voirie doit aller de pair avec le renforcement des sanctions pour pacifier l’espace public.


Nos propositions

Remettre des règles dans l’espace public :

  • Lancer une campagne de civisme, notamment pour expliquer les nouvelles règles, parfois méconnues, en lien avec les cyclistes : sas vélo, contre-sens cyclables, tourner à droite...
  • Renforcer la vidéo verbalisation pour sanctionner les incivilités de la mobilité: emprunt indu des voies cyclables et des couloirs de bus, non-respect des sas vélo, non-respect des priorités piéton, non-respect des contre-sens cyclables dans les zones 30, etc.
  • Augmenter le nombre de radars vitesse, de radars pédagogiques à proximité des écoles et de radars feux rouges.
  • Remplacer les places de stationnement proches des passages piétons et des carrefours par des stationnements vélos et deux-roues motorisées offrant une meilleure visibilité.
  • Contrôler le bruit des deux-roues motorisés grâce aux radars méduses pour lutter contre une source majeure de pollution sonore.
  • Poursuivre le développement des zones 30 en le couplant à une politique de sensibilisation des automobilistes sur les contre-sens cyclistes.
  • Expérimenter le dispositif « feu rouge – organe – vert » pour améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes.
  • Évaluer, au bout de 6 mois d’encadrement via l’appel d’offre sur les trottinettes électriques le dispositif, la qualité ou non du service et ses effets sur l’espace public et décider ou non de la poursuite du déploiement de la concession.

Partager l’espace public  

La maire sortante a utilisé l’argument de l’impérieuse nécessité de lutte contre la pollution atmosphérique pour diminuer la place de la voiture à Paris. Et ce avec des résultats très contrastés. Notre vision diffère : la place de la voiture dans la ville doit diminuer sans pour autant la lier à la lutte contre les gaz à effet de serre. Aujourd’hui, la chaussée représente 40% de l’espace parisien. Elle est nécessaire pour le dynamisme économique et les transports, qu’ils soient individuels ou collectifs. Mais la baisse de la place de la voiture est indispensable compte tenu des nouveaux usages de la ville. Nous sommes dès lors favorables à une réduction de la place de la voiture à travers son stationnement en surface et à un nouveau partage de l’espace public afin de faire respirer la ville et de la rendre plus conforme à l’image que nous nous faisons de la ville moderne, une ville redessinée pour les piétons.


Nos propositions

Libérer l’espace public en enterrant l’intégralité des places de parking pour voiture d’ici à 10 ans

En 2017, on dénombrait 134 115 places en voirie tandis que 61 000 Parisiens disposent d’une carte résident. Le nombre total de places de stationnement dans Paris intra-muros est estimé à 815 000. Les immeubles privés renferment environ 530 000 places.

  • Recenser les places de parking inoccupées (dans le parc de logement sociaux et dans les administrations de la Ville) et parkings souterrains en concession et réserver ces places en priorité dans un premier temps au stationnement résidentiel.
  • Diminuer progressivement le stationnement en surface : commencer par supprimer une voie de stationnement sur les artères qui en comportent deux en les transformant en places pour les deux-roues motorisés ou non.
  • Baisser le prix du stationnement en souterrain pour le stationnement visiteur, au regard du ratio des coûts investissements / baisse du nombre de contrôles à effectuer.
  • Mettre à disposition une application pour remettre les places vacantes à disposition.
  • Redéfinir les contrats de concession de parkings souterrains lorsqu’ils arrivent à terme au regard de ces nouveaux enjeux, sans exclure aucune option (y compris celle de leur remunicipalisation).
  • Arriver progressivement à la suppression du stationnement en surface, à l’exception des emplacements livraisons, et du stationnement pour les véhicules de secours, GIC GIG, professionnels de santé, véhicules électriques, et véhicules partagés (hors déménagement).

Redessiner la ville autour du piéton

  • Soutenir les aménagements pour les piétons
    • Installer une signalétique dédiée aux piétons (au sol et dans les airs)
    • Veiller à l’état des trottoirs pour lutter contre l’accidentologie
    • Réaliser enfin la Coulée bleue, cette continuité piétonne aménagée et entretenue sur les rives de la Seine et l’accompagner d’une continuité le long de la Bièvre et des Canaux, permettant de traverser Paris d’Est en Ouest et du Nord au Sud à pied.
    • Remettre des bancs dans la ville en veillant à associer les parties prenantes locales et les mairies d’arrondissement concernées.  
    • Faire des continuités piétonnes en toute sécurité, un prérequis dans le cadre des travaux sur la voirie
    • Déployer un plan “aplanissement des trottoirs” pour favoriser les cheminements accessibles.
    • Piétonniser des quartiers dans tous les arrondissements, pas uniquement dans le centre de Paris, en y créant des zones de rencontres à travers la suppression des trottoirs.
  • Libérer les trottoirs
    • Faire respecter le règlement des terrasses par les restaurateurs.
    • Créer des zones de stationnement « virtuelles » pour les véhicules en free floating hors trottoirs grâce à un marquage au sol et utilisation des données connectées pour prévenir tout stationnement hors zone dédiée.

Mettre en place une véritable organisation des travaux

L’état de la chaussée et de la voirie s’est significativement dégradé au cours de la mandature par manque d’investissements, engendrant une situation accidentogène notamment pour les plus vulnérables - deux-roues et piétons. Il est urgent d’y mettre un terme.

Le mandat qui s’achève a été marqué par un grand paradoxe : les projets engagés n’ont pas été achevés (c’est par exemple le cas du Plan vélo, qui bien que voté à l’unanimité en 2015 ne sera même pas réalisé à moitié d’ici la fin de la mandature) alors que la quantité de travaux en cette fin de mandature n’a que rarement été si importante.

Nous ne minimisons pas la difficulté de mener des travaux - de transformation, de rénovation - dans une ville dense comme Paris. Ni ne considérons qu’il ne doive pas y avoir de travaux. Ils sont indispensables pour accompagner l’évolution de la ville et pour préserver notre patrimoine et veiller à la sécurité des usagers. Mais comme pour tout projet complexe, ils doivent faire l’objet d’une stricte organisation, pour permettre la meilleure allocation de ressources, humaines et financières en veillant à prévenir le maximum de désagréments.


Nos propositions

  • Lancer un grand plan de rénovation de la voirie - chaussée et trottoirs - dit “anti nids-de-poule” pour améliorer la sécurité des usagers alors que la baisse des budgets en début de mandat a pesé sur leur qualité.
  • Mettre en place des brigades d’intervention rapide par arrondissement pour agir contre les affaissements de la chaussée.
  • Installer une équipe travaux par quartier parisien pour anticiper, organiser, contrôler l’ensemble des travaux, et veiller à l’information des riverains, quel que soit le donneur d’ordre : opérateurs de télécommunication, Enedis, CPCU, RATP, etc. Veiller ainsi à réaliser les travaux de manière coordonnée pour éviter que la voirie ne soit ouverte tous les 2 mois pour des prestataires différents.
  • Revenir sur le nouveau règlement de voirie adopté par la majorité obligeant les opérateurs à reboucher les trous plutôt que les services de la voirie de la Ville et revoir en attendant, les pénalités pour non-respect des calendriers de travaux.
  • Rendre nécessaire l’avis conforme des mairies d’arrondissement pour le déclenchement de nouveaux travaux à partir d’un certain seuil de voies de circulation concernées.
  • Veiller à la communication chantier auprès des Parisiens sur les opérations de désamiantage des rues.
  • Mettre en place systématiquement des arrêts de bus de substitution, les plus proches possible de leur ancien arrêt, en cas de suspension de l’arrêt pour travaux afin de permettre aux personnes les plus vulnérables de continuer à se déplacer.
  • Intégrer obligatoirement la continuité des cheminements piétons pendant les travaux s’ils empiètent sur les trottoirs, notamment pour les personnes à mobilité réduite.
  • Mettre en place un guichet unique et pérenne d’accompagnement et de dédommagement des commerçants subissant l’impact des travaux.
  • Tenir compte, dans la mesure du possible, de l’avis des commerçants pour la période des travaux (hors soldes et périodes de fêtes, de préférence en période creuse).

Réconcilier les Parisiens dans les transports en commun

En 10 ans, la fréquentation des transports en commun a augmenté de 11% (entre 2007-2017 dans les métros, le RER, les bus et les tramways). Désormais, le réseau est saturé y compris le week-end. Congestion, agressivité, saleté, pollution, non-accessibilité, les conditions de transport des Parisiens et des Franciliens sont indignes d’une capitale.

L’Exécutif sortant a pris l’habitude de renvoyer le sujet sur IDF-Mobilités, arguant qu’elle n’avait pas la responsabilité des transports franciliens. Or, la Ville de Paris, en tant que contributeur à Ile-de-France Mobilités, a bien évidemment son mot à dire dans la gestion des transports parisiens et de ses investissements et les moyens de se faire entendre.

Augmenter l’offre de transports publics

Face à l’augmentation ininterrompue de la fréquentation du réseau lourd de transport en commun, et quelles que soient les mesures d’accompagnement à déployer par ailleurs - généralisation des horaires décalés, développement des tiers lieux, automatisation des lignes - il est indispensable d’accroître le réseau pour lutter contre sa saturation.


Nos propositions

  • Augmenter la fréquence des bus, toutes les 10 minutes maximum, soirée et week-end compris (Noctilien toutes les 15mn).
  • Étudier la réalisation d’une ligne 14 bis entre République et Boulogne afin d’améliorer la desserte Est-Ouest.
  • Déployer un réseau de bus vert express pour les zones mal desservies en transport en commun.
  • Mettre en place un trambus Est-Ouest et Nord-Sud.
  • Mettre fin aux horaires d’été sur les RER (sauf en cas de travaux).
  • Systématiser l’ouverture 24/24 de 6 lignes de métro et 3 lignes de tram, les vendredi et samedi soir.
  • Systématiser l’arrêt à la demande des bus la nuit.
  • Multiplier les expérimentations des bus autonomes, voire à la demande.
  • Généraliser le principe du chronobus : des tronçons exclusivement en voie de bus dédiée.
  • Expérimenter l’extension du service Paris Accompagnement Mobilité de transport à la demande à une cible plus large de personnes âgées.
  • Demander à Ile-de-France Mobilités l’inclusion du tramway au sein du réseau d’un même ticket T+.

Rendre le transport public confortable et sûr

Si le réseau de métro jouit d’une densité remarquable, fruit de sa longue histoire, les conditions de transport actuelles ne sont pas dignes d’une capitale. Le nier constitue une forme de mépris pour l’ensemble de ses usagers.


Nos propositions

  • A chaque rénovation, systématiser l’installation d’escalators dans le sens de la montée et de la descente à défaut d’ascenseur pour créer un choc de mobilité et faciliter les déplacements des personnes vulnérables : personnes âgées, parents avec poussettes, touristes avec valises, etc. Signaler ces aménagements sur les plans et les applications afin de permettre à chacun de s’organiser.
  • Exiger de la RATP dans le cahier des charges une amélioration drastique de la propreté dans les transports en commun - rames et stations - notamment en lançant un plan de menus travaux comme demandé par la Fédération des usagers des transports (lutte contre les infiltrations, réparation des dégradations, etc.).
  • Demander à la RATP de revoir le cahier des charges de la régie pour interdire la publicité numérique et le ciblage.
  • Intégrer, comme le fait la SNCF, à l’appli RATP les informations sur la fréquentation des rames, l’accessibilité des stations.
  • Améliorer l’accessibilité sensorielle en déployant les annonces sonores et lumineuses sur les quais de toutes les lignes de métro.
  • Se mettre en capacité de déployer la 5G dans le métro.
  • Augmenter les effectifs de la police des transports pour lutter contre les agressions.
  • Lutter contre les bandes de pickpockets en soutenant toute initiative légale visant à interdire d’utilisation des transports les multirécidivistes

Logement et mixité sociale

Faire vivre les Parisiens ensemble

Habiter à Paris est un combat : si 71% des ménages parisiens sont éligibles au parc social au regard de leurs revenus, dans les faits, une infime minorité peut y accéder chaque année. La responsabilité incombe au faible nombre de logements disponibles – on ne construit quasiment plus à Paris - et à l’assèchement du marché locatif dans certains quartiers, en raison notamment des logements de courte durée – mais également à la très faible rotation au sein du parc social qui a diminué en 20 ans, passant de 7,7% en 1999 à 4,6% aujourd’hui.

En 2018, seuls 10 112 logements sociaux ont été attribués (dont un quart à des Parisiens habitant déjà dans un logement social), soit 8% de moins qu’en 2017 pour près de 250 000 demandes.

Résultats : des loyers exorbitants dans le parc privé qui excluent une part importante de Parisiens ; une impossibilité de fait à rentrer dans le parc social. Un maintien contraint dans le parc social - 40% des locataires du parc social occupent leur logement depuis plus de 20 ans. Une demande de logement social qui ne cesse d’augmenter. Et une obligation pour beaucoup de quitter Paris faute de solution pour se loger. Une situation intolérable lorsque l’on constate qu’aujourd’hui un couple d’instituteurs ne peut vivre à Paris.

Cette situation entraîne des Parisiens à se jalouser. Certains considèrent que les locataires du parc social sont des « privilégiés », alors que, bien souvent, ils restent dans leur logement social car, même en ayant une évolution de revenus favorable, le fossé est encore trop grand entre la location sociale et la location privée, sans parler de l’achat.

La politique menée par la Ville depuis 2014 n’est pas parvenue à retourner cette situation bien au contraire :

  • L’achat, à prix d’or, d’emprises foncières pour les logements sociaux a renchéri le prix du foncier.
  • Le conventionnement de logement n’a pas mis sur le marché des logements libres, mais a intégré dans le parc social des logements occupés - la fameuse distinction entre financement et production.
  • Le retard coupable dans l’encadrement des locations saisonnières et l’indigence du contrôle ont  engendré une explosion du nombre de logements dédiés à la location de courte durée.
  • Le refus de supprimer les exemptions de surloyers par logique clientéliste a contribué à tirer vers le bas un taux de rotation déjà faible dans le logement social.

Mais la question du logement à Paris n’est pas qu’une question de pouvoir d’achat. Elle est intimement liée à la question de la mixité sociale, y compris en termes d’intégration de la grande précarité. Voilà pourquoi il nous semble essentiel d’aborder l’ensemble de ces problématiques de manière coordonnée.

En effet, les problèmes liés à la prise en charge de la grande précarité ont un impact considérable sur le manque de fluidité du logement social. Le parcours locatif est aujourd’hui grippé, de l’hébergement d’urgence à la sortie vers la location privée. Et améliorer la mixité sociale et le vivre-ensemble, c’est aussi inclure les personnes en situation d’extrême précarité.

Cette question du logement et de l’hébergement se pose de manière encore plus intense depuis le début de la crise migratoire en 2015, qui a vu des dizaines de milliers de réfugiés converger à Paris. La maire de Paris a cherché à politiser une question qui devrait rassembler plutôt qu’antagoniser. Or, c’est ensemble que nous ferons face à ce défi migratoire et humain majeur.

Si nous croyons que la politique migratoire ne peut être qu’européenne, la situation actuelle nécessite une action concertée et coordonnée entre tous les services : offrir des conditions d’accueil décentes, accompagner les demandeurs d’asile, permettre un traitement le plus rapide possible des dossiers, et mettre en œuvre les décisions d’éloignement si l’asile n’est pas accordé. Cette vision, c’est celle que nous avons défendue tout au long du mandat en soutenant par exemple l’installation de la “bulle”.


Nos propositions

Renouer avec le parcours locatif et la mixité sociale, du logement d’urgence jusqu’à la primo-accession à la propriété

La politique de logement, qu’elle soit communale ou métropolitaine, ne pourra jamais se substituer à 100% aux effets de l’offre et de la demande. La fuite en avant de la Mairie de Paris, qui souhaite atteindre 30% de logements sociaux en 2030, soit 5 points de plus que les objectifs de la loi ALUR, n’aura pour effet que de continuer à alimenter la frénésie des prix des loyers privés et à l’achat dans la capitale.

Dans le cadre des prérogatives parisiennes, un certain nombre d’actions doivent être menées pour renouer avec le parcours locatif, et, in fine, la primo-acquisition. Car au-delà du seul prisme du pouvoir d’achat pour aborder la question du logement, l’un des enjeux prioritaires est bien la question de la mixité sociale à Paris, arrondissement par arrondissement, quartier par quartier.

Nous voulons redessiner le parcours du logement à Paris, pour remplir deux principaux objectifs :

  • Fluidifier le parcours dans le logement social et éviter les situations de “rentes” avec l’objectif que chaque année, 10% du parc social change de statut : nouvelle attribution, changement de catégorie, échanges, etc.
  • Renouer avec la mixité dans chaque quartier : cette fluidité doit débuter dès le logement d’urgence et les PLA-I, et jusqu’à la primo-accession.

Une politique de solidarité à la hauteur des enjeux

Lors de la deuxième édition de la nuit de la solidarité, plus de 3600 personnes ont été recensées dans la rue. Cette situation tragique qui n’a cessé de se dégrader ne peut perdurer. Il faut renforcer l’action en termes de qualité d’accueil d’une part et d’offre d’accueil en s’appuyant sur la métropole d’autre part.


Nos propositions

  • Installer une pension de famille, ouverte 24h/24 accueillant des personnes sans-abris dans chaque arrondissement.
    • Ces pensions proposeront des services afin d’accompagner les personnes à sortir de la rue : accompagnement social, bain douche, bagagerie, laverie, café associatif, point internet, adresse postale.
  • Développer, en lien avec les riverains, à la lisière du bois de Vincennes et en adaptant celui du Bois de Boulogne, deux centres spécifiques pouvant accueillir les personnes sans domicile avec animaux, avec zones clôturées et sécurisées.
  • Permettre une meilleure prise en charge de l’AP-HP des personnes sans-abri en situation de santé mentale fragile.
  • Proposer à l’État d’expérimenter les contrats trisannuels pour les jeunes majeurs parisiens jusqu’à 25 ans et ne laisser personne sans solution de logement pérenne à la sortie du contrat jeune majeur.
  • Développer le tutorat citoyen pour les jeunes majeurs qui manquent de ressources ou d’un soutien familial suffisant.
  • Soutenir dans le cadre de PariCo la création d’un nouveau centre de premier accueil sur le modèle de « La Bulle » sur du domaine intercalaire et de manière temporaire (un nouveau site tous les 2 ou 3 ans).
  • Développer les partenariats, notamment financiers, humains, matériels et de bonnes pratiques, entre la Ville de Paris et d’autres communes en province, avec la création d’un réseau de villes volontaires « jumelage - solidarités ». 
    • Ces partenariats permettront aux communautés informelles qui se sont formées au sein des réfugiés de pouvoir continuer à entretenir des liens, afin de les inciter à accepter d’être mieux « répartis » sur le territoire national.
    • Aides pour l’agrandissement de classes dans ces communes qui souhaiteraient accueillir une ou plusieurs dizaines de réfugiés, mais ne le peuvent pour des raisons financières.
  • Agir pour des logements dignes en éliminant les logements insalubres :
    • Tolérance 0 et confiscation des biens des propriétaires indélicats dès que la situation le permet.
    • Publication de la cartographie précise des logements insalubres, notamment en termes de sécurité incendie.
    • Renforcer les effectifs chargés de contrôle l’habitat insalubre.
    • Permettre le signalement d’une situation de logement insalubre dans l’application Dansmarue.

Mieux répartir les logements sociaux sur l’ensemble du territoire parisien

  • Atteindre les 25% de logements sociaux (obligation de la loi ALUR), en veillant à respecter la mixité sociale des programmes.
  • Veiller à la qualité du bâti des nouvelles constructions de logement social.
  • Fixer un moratoire dans les arrondissements qui comportent déjà plus 35% de logements au sens de la loi SRU.
  • Lancer un appel à candidature auprès de l’État et de chaque mairie d’arrondissement sous-dotée en logements sociaux, qui devra proposer une liste d’emplacements pour la construction ou le conventionnement de logements sociaux, selon une liste de critères précis (impossibilité de désigner un quartier déjà sur-doté en logements sociaux, etc.)
  • Évaluer l’ensemble des biens de la ville pour identifier les lieux pouvant être transformés en logements sociaux, notamment dans les arrondissements déficitaires.
  • Limiter la préemption dans le diffus aux arrondissements sous-dotés en logements sociaux.
    • Ces préemptions, dans le diffus ou “traditionnelles”, seront facilitées et seront moins coûteuses grâce à la proposition de loi du groupe MoDem sur le foncier, visant, à travers la création d’un Observatoire du foncier, à objectiver et faciliter le travail des juges de l’expropriation en cas de contentieux à la suite de l’absence d’accord entre la Ville de Paris et le propriétaire.
  • Renforcer le budget de l’office foncier solidaire et encadrer la vente aux bailleurs sociaux pour ne pas dévoyer le dispositif, en la limitant à la remise en état, comme cela est prévu par la loi.

Œuvrer pour la mixité sociale dans les logements sociaux et dans les quartiers

  • Veiller à la mixité sociale dans les programmes sociaux en proposant dans chaque nouveau projet une juste répartition des types de logements sociaux : PLAI, PLUS, PLS : logement très social ou social dans les zones où les logements PLS et intermédiaires prédominent et inversement.
  • Accompagner chaque nouveau programme avec la création d’équipements publics (crèches, maison de santé, écoles, etc.)
  • Garantir la transparence de l’attribution des logements sociaux en mettant en place un organisme neutre et insoupçonnable, présidé par une personnalité indépendante, dans lequel seront représentés les bailleurs sociaux, les locataires, les collectivités locales et les institutions concernées.
  • Maintenir le système de la cotation dans un souci de transparence mais revoir les critères pour favoriser la présence dans le parc social de la ville de personnels œuvrant pour les services publics locaux : enseignants, professionnels de la santé et de la petite enfance (y compris associatives), policiers, fonctionnaires territoriaux, etc.
  • Fusionner les attributions de logements sociaux par les mairies centrales et les mairies d’arrondissement et uniformiser les pratiques d’attribution (cotation, anonyme, ouvert au public).
  • Mettre fin à l’exemption des surloyers dans le parc social16.
  • Permettre aux locataires sortant du parc social d’accéder au parc permis par la création de l’Office foncier solidaire.
  • Conventionner l’ensemble des logements à loyer libre en PLS en laissant aux occupants actuels la possibilité d’y habiter, sans surloyer, le temps de leur bail.
  • Favoriser les échanges au sein du parc social pour accompagner l’évolution des familles.
    • Création d’un service de déménagement au sein des bailleurs sociaux pour les seniors, les personnes dépendantes et les personnes en situation de handicap, sous conditions de ressources, qui acceptent l’échange d’un logement social.
  • Profiter des rénovations énergétiques des logements sociaux pour les rendre “modulables”, afin de pouvoir faciliter les échanges au sein du parc social ou pour mieux correspondre à l’évolution des familles.
  • Mettre en place un système de garantie par la Ville dans le parc privé pour les personnels ayant une action locale : professeurs, professionnels de santé, policiers, etc.
  • Accompagner la généralisation des baux mobilité à destination des étudiants, travailleurs, publics en réinsertion.
  • Expérimenter 3 zones franches urbaines dans les 18e, 19e et 20e arrondissements, dont certains quartiers cumulent les handicaps : fort taux de chômage, absence d’entreprises, forte proportion de jeunes, faible démographie médicale, échec scolaire…
    • Favoriser les échanges entre les quartiers sensibles et les autres quartiers en cassant « la frontière invisible » du zonage :
      • par la prise en compte des quartiers dans le cadre d’une politique de l’emploi plus globale et par une incitation à l’embauche des entreprises privées ;
      • par des programmes urbanistiques d’importance à la frontière de ces quartiers ;
      • par l’organisation de concours spécifiques dans les quartiers sensibles afin que certains agents municipaux y soient recrutés.
  • Favoriser le maintien des gardiens d’immeubles, qui jouent un rôle majeur en matière de lien social, dans le parc privé.
  • Prévoir la création de 6 000 logements étudiant grâce à la mise à disposition du Crous de foncier.
  • Réserver un quota de places dès la 1e année d’études supérieures pour les ultras marins dans les résidences du Crous.
  • Généraliser le dispositif “logement tremplin” aux professionnels de la santé s’engageant à exercer en secteur 1.

Lutter contre la raréfaction de logements disponibles

  • Mobiliser les logements disponibles en renforçant le dispositif « Louer solidaire » à travers l’augmentation des loyers et l’apport de services aux propriétaires.
  • Remettre sur le marché locatif les appartements aujourd’hui dédiés à la location de courte durée en soutenant toute initiative législative permettant de baisser le nombre de jours de location saisonnière à 60 jours par an.
  • Augmenter le montant de la taxe sur les résidences secondaires et les logements vacants pour inciter à remettre sur le marché des biens inoccupés.
  • Créer davantage de logements dans les réhabilitations en développant les logements modulables, mais aussi des cuisines et buanderies partagées.
  • Favoriser le développement des locations intergénérationnelles.
  • Optimiser les logements intercalaires dans le parc social pour les logements, notamment d’urgence.
    • Proposer certains de ces logements intercalaires en baux mobilité.

Aider l’achat immobilier des primo-accédants

  • Favoriser l’accession à la propriété en remettant en place le taux 0% et en élargissant les conditions d’accès au dispositif.
  • Encadrer et définir des règles transparentes de la préemption dans le diffus :
    • La préemption dans le diffus doit poursuivre l’objectif de mixité sociale avant la politique du chiffre. Elle ne doit pas contribuer à créer l’inverse du résultat désiré en augmentant artificiellement le prix de l’immobilier à Paris, comme cela a pu se faire ces dernières années.
    • Une fois les objectifs de mixité sociale définis quartier par quartier, la préemption dans le diffus concernera en priorité les reventes d’appartement allant au-delà du prix du marché, sans que cela ne soit justifié par des prestations immobilières spécifiques, selon un plafond et des règles transparentes, connues de tous. Cela permettra notamment de pénaliser les ventes qui participent à l’inflation des prix de l’immobilier.
    • De la même manière, la Ville s’engagera à ne pas préempter des biens dont le prix de vente se situera en-dessous du prix du marché, selon des critères précis et transparents en termes de prix, de travaux et de prestations immobilières spécifiques, afin de garantir aux vendeurs que leur bien ne sera pas préempté s’ils participent à la déflation des prix de l’immobilier à Paris.
      • Une étude sera réalisée sur l’opportunité de limiter ce principe de non-préemption en cas de vente à des primo-accédants ou à des ménages bénéficiant, par exemple, du prêt Paris logement.
  • Dissocier le foncier du bâti : cette mesure a été proposée par le Mouvement démocrate dès 2008. Si nous soutenons naturellement le principe de l’Office foncier solidaire, qui offre une réponse adéquate à l’enjeu de l’accession à la propriété, le budget avancé est aujourd’hui beaucoup trop faible pour avoir un réel impact sur le marché.
    • Notre politique en matière d’accession à la propriété repose sur un principe simple ; favoriser les primo-accédants qui veulent devenir propriétaires à Paris pour y vivre, sans pour autant vouloir spéculer.
    • L’association du prix du terrain et du prix du logement expliquent en grande partie l’envolée des prix à Paris. La loi Alur a créé l’organisme de foncier solidaire, qui achète un terrain sur lequel a été construit du logement social. Ces logements peuvent ensuite être revendus à des prix inférieurs au prix du marché à des acquéreurs, en contrepartie d’une redevance mensuelle.
    • La proposition de loi du groupe MoDem, débattue en novembre, propose d’élargir cet outil à l’ensemble des opérations de vente en permettant la création de sociétés foncières à capitaux publics et/ou privés.
    • Nous proposons d’utiliser massivement cet outil, notamment dans les zones surdotés en logements sociaux, et en priorité pour les logements “familiaux”.

Améliorer la qualité de vie dans les logements et faciliter les démarches

  • Faire signer une charte des droits et des devoirs à tous les résidents du parc social.
  • Appliquer une tolérance zéro pour les troubles de voisinage dans le parc social.
  • Faire respecter l’interdiction de la sous-location saisonnière dans le parc social.
  • Rendre exemplaire le parc social parisien en matière de transition énergétique - isolation thermique et phonique, chauffage par énergie renouvelable - en accélérant le plan de rénovation qui au rythme actuel ne sera pas terminé avant 2060 !
  • Poursuivre l’assermentation des gardiens d’immeuble volontaires.
  • Sanctuariser le budget du GPIS.
  • Créer une structure commune de gestion locative et immobilière, adossée à l’ADIL, chargée notamment de :
    • Répondre aux interrogations des habitants sur tout ce qui a trait au logement (fiscalité, travaux, dispositifs…)
    • Mieux informer les propriétaires sur l’encadrement des loyers et les locataires sur les démarches en cas de non-respect (formation d’agents).
    • Être l’intermédiaire entre les locataires du diffus et les syndics de copropriété.
    • Relancer les prêts Paris logement (prêts à taux 0 en élargissant le dispositif).
    • Gérer les propositions d’échanges d’appartements dans les logements sociaux.
    • Devenir des garants financiers pour les locataires privés, en développant des partenariats avec des agences immobilières.
    • Labelliser les entreprises et artisans pour la rénovation énergétique ou certaines opérations comme la lutte contre les nuisibles ou les punaises de lit, afin d’éviter les arnaques.
    • Gérer les places de parkings en location pour résidents et stationnement temporaires

Sécurité, bruit, propreté

S’attaquer aux incivilités

Depuis 40 ans, les Centristes à Paris portent le projet de doter la Capitale d’une véritable police parisienne, à l’image de ce qui se fait partout ailleurs sur le territoire. Car si les forces de police nationale œuvrent à Paris, elles se consacrent principalement à des missions relevant de la sécurité nationale, laissant un “angle mort” pour la sécurité du quotidien des habitants.

Après s’y être opposée pendant des années, la maire sortante a fait volte-face en se prononçant pour la création d’une police municipale, sans que l’on ne comprenne précisément quelles seraient ses prérogatives et ses missions. Elle ne peut être le seul prolongement de la brigade de lutte contre les incivilités, au statut hybride, à mi-chemin de la police municipale et des agents de sécurité de la Ville, qui n’a pas acquis suffisamment de lisibilité.

Or, la sécurité des Parisiens ne tolère aucun flou. D’autant plus qu’elle s’est dégradée ces dernières années ce qui s’est notamment traduit par une augmentation des attaques aux personnes et aux biens. Les causes en sont multiples : baisse des effectifs, mobilisation des forces de l’ordre pour la lutte contre le terrorisme, dans le cadre des manifestations des gilets jaunes, etc.

Tout est aujourd’hui à inventer grâce aux évolutions législatives sur ce sujet. Cela devra nécessairement passer par une définition claire des missions de cette police parisienne, en lien permanent avec la Préfecture de police et les départements limitrophes et en cohérence avec l’ensemble des acteurs de la sécurité et les mairies d’arrondissement. Paris a perdu trop de temps sur la question.

Les besoins en termes de sécurité à Paris sont multiples, et requièrent des actions ciblées : vidéo verbalisation, lutte contre les incivilités, lutte contre les nuisances, notamment sonores, lutte contre l’occupation de l’espace public, les trafics. Dès lors, il est essentiel d’adapter le futur corps de la police municipale à ces différents besoins :

  • un corps de proximité, se déplaçant à pied ou à vélo, pour veiller à la tranquillité de l’espace public, au contact permanent de la population et des touristes, chargée de la verbalisation des incivilités (en élargissant les prérogatives de la brigade verte)
  • un corps d’intervention, intervenant à la demande du corps de proximité, sollicité pour les situations plus difficiles
  • un corps de soutien, regroupant les services administratifs formés.

Nous sommes favorables à ce que ces différents corps soient, à terme, armés car ils constituent une cible sur l’espace public mais cela ne pourra se faire qu’après consultation des personnels concernés, formation et en veillant à l’évaluation de ces dispositions. Dans un premier temps, seul le corps d’intervention sera concerné par le déploiement de l’armement.


Nos propositions

  • Mener une politique de tolérance 0 contre les incivilités du quotidien qui rendent chaque jour la ville plus difficile à vivre : non-respect du code de la route et de l’espace de chacun, ordures, tags, vols à la tire, dépôts sauvages, épanchements d’urine.
  • Permettre à la Ville de se porter systématiquement partie civile afin de donner une réponse judiciaire aux crimes et délits.
  • Renforcer la vidéo verbalisation pour lutter contre les incivilités sur l’espace public : utilisation des couloirs de bus, non-respect des sas vélo, des priorités piétonnes, circulation sur les trottoirs des trottinettes, etc.
  • Créer une maison de la prévention et de la médiation dans chaque arrondissement, destinée à accueillir les populations fragiles, menacées ou violentées.
  • Déployer un plan sensibilisation incendie dans les immeubles.
  • Ouvrir la réserve solidaire de la Ville à tous les Parisiens, sur la base du volontariat, afin de prendre en charge l'assistance matérielle et morale de la population et le soutien logistique aux services concourant à la sécurité civile.
  • Faire un bilan de la police de sécurité du quotidien dans le quartier de la Chapelle et étudier la candidature de nouveaux quartiers.
  • Établir une cartographie précise, rue par rue, des principaux points d’incivilités et d’insécurité en lien avec les mairies d’arrondissement.
  • Permettre aux policiers municipaux d’accéder aux logements sociaux à travers l’intégration du critère de proximité dans la cotation.

Bruit : lutter contre la pollution sonore

Les nuisances liées au bruit ont un impact significatif sur la santé. Même en ville, certaines peuvent être évitées.


Nos propositions

  • Verbaliser, grâce aux radars méduses, les véhicules motorisées ne respectant pas la législation.
  • Renforcer les contrôles aux abords des établissements de restauration proposant la livraison à domicile.
  • Accompagner tout projet d’installation de City-Stade d’études en termes de nuisances sonores. Déménager les City-Stade ne respectant pas les recommandations en termes de nuisances sonores.
  • Ne tolérer aucune exception pour la poursuite de travaux non vitaux le week-end et en soirée, particulièrement la nuit, lorsque ceux-ci occasionnent des nuisances sonores (hors périphérique).
  • Mieux réguler le ramassage des ordures ménagères
    • Aucun passage de ramassage d’ordures avant 7h00 du matin dans les petites rues
    • Limiter le ramassage des ordures dans les rues à une voie à sens unique en journée (hors heures de pointe pour éviter les encombrements)
  • Intégrer l’isolation sonore des logements dans le cadre des opérations de rénovation énergétique des logements sociaux.
  • Identifier des zones éloignées d’habitations, autorisant plus de bruit le soir et la nuit sans gêne des riverains (berges, canaux, parcs… mais aussi boulevard périphérique) et développer des offres “festives” spécifiques à ces endroits.
  • Envisager de donner aux maires d’arrondissement le pouvoir de police du préfet pour la régulation des débits de boisson, comme prévu par le projet de loi Engagement et proximité.
  • Renforcer les aides pour l’isolement acoustique des établissements “festifs”.

Propreté : s’attaquer à la racine de la saleté

La saleté appelle la saleté. Cela nécessite une vigilance de chaque instant pour s’assurer de la propreté dans les rues de Paris.

Durant la précédente mandature, la Maire de Paris a multiplié les communications à ce sujet (3 en 6 ans), une Mission d’Information et d'Évaluation et néanmoins le compte n’y est pas. In fine, la Maire se rallie à ce que nous n’avons cessé de demander : une gestion décentralisée de la propreté. Mais cela ne pourra fonctionner que dans un cadre clair, en couplant responsabilité et moyens.


Nos propositions

  • Objectiver le constat au niveau des quartiers en s’appuyant sur les données de DansmaRue et sur les conseils de quartier :
    • Effectuer une cartographie, rue par rue, des principaux points de saleté et notamment des causes, pour apporter des réponses au cas par cas.
    • Mettre en place un dispositif de mesure de la propreté intégrant, aux côtés d’indicateurs mesurables la propreté ressentie par les Parisiens pour permettre l’évaluation de la politique menée.
  • Décentraliser la gestion de la propreté aux arrondissements et leur attribuer les moyens humains et financiers correspondants.  
  • Renforcer la verbalisation : jeter un déchet par terre doit être clairement verbalisé avec une politique de zéro tolérance. Dès la première année, nous déploierons une campagne de verbalisation importante avec le but de créer un sentiment dissuasif sur les contrevenants. Cette campagne sera d’autant plus forte dans les lieux sensibles (esplanades des Invalides, grands espaces verts, en été notamment ; bord de Seine, bords des canaux). La lutte contre les dépôts sauvages, et notamment les déchets de chantiers, constituera une priorité, en lien avec les nouvelles dispositions gouvernementales en la matière.

Renforcer les aménagements

  • Déployer de nouveaux modèles de poubelles de rue, en intégrant la possibilité du tri sélectif.
  • Mettre en place des corbeilles de rue à proximité immédiate des points d’attente (arrêts de bus, etc.).
  • Renforcer l’installation de poubelles sélectives - bacs verts, bacs jaunes, bacs blancs - dans les lieux sensibles et festifs de rassemblement.
  • Accompagner les copropriétés et les immeubles sociaux dans la mise en place du tri sélectif et de composteurs.
  • Réinstaller des urinoirs (tels qu’ils existaient autrefois, à savoir des “vespasiennes”). Aménager des toilettes publiques. En cas d’absence de lieu aménageable, une contractualisation avec des bistrots pourra être envisagée.

Faire de chacun des acteurs parisiens des acteurs de la propreté

  • Sensibiliser les commerçants et des professionnels à l’obligation de disposer d’éteignoirs devant leur établissement et de disposer d’un circuit de recyclage des mégots.
  • Mettre en place une consigne sur les mégots de cigarettes en lien avec les buralistes.
  • Lutter contre la pollution des canaux et de la Seine en rendant obligatoire la consigne dans les bars à proximité de la Seine et des Canaux.
  • Responsabiliser les professionnels et des entreprises intervenant sur l’espace public pour lutter contre les déchets de chantier en lien avec les futures dispositions gouvernementales.

Revoir l’organisation de la propreté

  • Valoriser les carrières des éboueurs et des agents de la propreté (et l’accès au logement social à Paris, notamment dans l’arrondissement où exerce l’agent) pour lutter contre l’absentéisme.
  • Prioriser le ramassage d’urgence de certains encombrants (matelas).
  • Augmenter la collecte des bacs jaunes compte tenu des nouvelles consignes de tri.
  • Rendre transparents les moyens déployés rue par rue en matière de propreté pour une meilleure information des Parisiens.
  • Tenir compte des impératifs du nettoyage dans les politiques d’aménagement de la voirie.

Renforcer la politique 0 déchet

Paris est un mauvais élève en matière de tri - seulement 20,2% des déchets collectés sont recyclés, contre 35% en moyenne chez les autres collectivités territoriales. De plus, alors que la population parisienne diminue, la quantité de déchets ménagers augmente, de 4,6% entre 2014 et 2018. Cela fait de Paris une collectivité hors-la-loi, qui ne respectera pas les directives de réduction des déchets en 2020. Et cela démontre que les Parisiens n’ont pas pris le tournant de la réduction des déchets, par manque de sensibilisation - combien sont-ils les Parisiens de bonne foi qui ne connaissent pas les consignes entrée en vigueur au 1er janvier 2019 pour les bacs jaunes ? - mais également par manque d’équipements. Car pour mener une véritable politique de réduction des déchets, il est indispensable d’accompagner les Parisiens en proposant des solutions simples et de proximité.


Nos propositions

  • Expérimenter la fiscalité écologique incitative (pesée embarquée ou ajustement des taxes d’enlèvement des ordures ménagères aux performance de tel ou tel quartier).
  • Doubler le nombre de fontaines à eau à Paris pour prévenir l’utilisation de bouteille en plastique.
  • Garantir l’ouverture des Centres de valorisation des déchets toute l’année et expérimenter le conseil aux particuliers à domicile.
  • Informer chaque habitant s’installant à Paris des règles du tri sélectif parisien à travers un “Guide du tri” et des possibilités liées à la réutilisation : informations sur les recycleries.
  • Développer le nombre de déchetteries sur le territoire de Paris (en doublant le nombre d’installation, de 8 à 16) et multiplier les points de collecte de proximité en apport volontaire.
  • Renforcer le maillage des recycleries : une par arrondissement pour les arrondissements centraux, deux pour les arrondissements périphériques d’ici à la fin de la mandature.
  • Mettre en œuvre des collectes sélectives pour les entreprises et structures municipales, différenciées selon le type de déchets.
  • Impliquer Paris dans la méthanisation des déchets : compte tenu de la difficulté de mettre en place un nouveau bac dans les locaux poubelles parisiens, certaines activités seront ciblées, comme les installations de restauration collective, dont celles dépendant de la Ville (écoles). De plus, Paris élaborera avec les autres adhérents du SYCTOM et la RATP un programme d'utilisation du méthane produit par les bus et flottes de véhicules des communes.

Travailler avec les plateformes de livraison à la diminution des déchets dans le cadre de la livraison à domicile : proposer la création d’un label pour valoriser la diminution du plastique, la réutilisation des contenants à travers un système de consignes, l’apposition des consignes de tri sur tous les matériaux, etc.

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