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Réconcilier les Parisiens avec leur ville

Les Parisiens aiment leur ville, son histoire, son architecture, son patrimoine. Néanmoins, celui-ci a tendance à être de plus en plus malmené. Ce n’est pas une querelle “des anciens contre les modernes”.

Mémoire et patrimoine

Entre sacralité de Paris et modernité

Les Parisiens aiment leur ville, son histoire, son architecture, son patrimoine. Néanmoins, celui-ci a tendance à être de plus en plus malmené. Ce n’est pas une querelle “des anciens contre les modernes”, comme se plaît à l’affirmer régulièrement l’Exécutif. Certaines aberrations architecturales n’auraient jamais dû avoir lieu, notamment si la Commission du Vieux Paris avait été mieux écoutée. Pour autant, Paris ne doit pas devenir une ville musée où aucune innovation ne serait possible

Un exemple emblématique du peu de soin apporté au patrimoine est celui du mobilier urbain. L’émoi provoqué par la première version des kiosques à journaux, ou le remplacement de certaines colonnes Morris ou fontaines Wallace le démontre.

De plus, la plupart des quartiers de Paris ont leur propre histoire, voire leur propre identité “visuelle”. Revaloriser leur mémoire et leur patrimoine immatériel permettrait de donner un nouveau souffle à notre ville.

Enfin, comment ne pas aborder le bilan en matière de rénovation du patrimoine durant cette dernière mandature. De nombreux travaux ont été lancés. Ils étaient utiles, voire urgents pour certains d’entre eux, tant le retard pris durant les deux précédentes mandatures étaient criants (Églises, musées, théâtres).

Néanmoins, si les théâtres et les musées ont été convenablement rénovés, le compte n’y est encore pas pour le patrimoine cultuel. Il faut amplifier cette rénovation.


Nos propositions

  • Clarifier le rôle et les prérogatives de la Commission du Vieux Paris.
  • Créer une commission du patrimoine immatériel de Paris, centré sur son image, ses symboles, en vue notamment de définir une “charte graphique” du mobilier urbain, que devra faire respecter la commission du mobilier urbain, dont les pouvoirs seront renforcés.
  • Pallier les manquements des plans de rénovation actuels, s’agissant notamment des églises.
  • Recenser le « petit patrimoine » en péril et procéder à des campagnes de rénovation.
  • Porter une attention particulière au patrimoine industriel et artisanal et aux « passages ».
  • Développer le financement participatif de rénovation du patrimoine, sur le modèle du crowdfunding : récompenser les donateurs particuliers en fonction de leurs dons, par paliers (par exemple : une visite guidée gratuite de l’établissement une fois celui-ci rénové, un livre de collection muséale, etc.).
  • Créer, en lien avec le Comité d’Histoire de la Ville de Paris, un comité chargé de la mémoire des quartiers de Paris.
  • Créer des jumelages de quartiers parisiens avec des quartiers de grandes villes ou capitales européennes (ou extra européennes), centrés autour de l’échange culturel.
  • Valoriser l’image des quartiers parisiens grâce à des opérations « Mon quartier, mon arrondissement, ma ville » permettant aux habitants de témoigner de leur culture urbaine locale.
  • Expérimenter, en lien avec le Rectorat, des “dénominations de classes”
    • Une classe porterait le nom d’une personnalité parisienne (sur le modèle des “promotions” de certaines grandes écoles) et effectuerait un travail de mémoire sur cette personnalité durant l’année scolaire.
  • Mieux encadrer le Printemps des cimetières afin de veiller à ce que ces lieux restent des lieux de mémoire et de recueillement.

Commerces, entreprises, emploi

Soutenir les énergies

Soutenir le tissu commercial parisien est indispensable pour préserver la vie économique de la capitale. La mono activité dans les quartiers, les difficultés des petits commerces à résister dans un contexte d’élargissement des horaires d’ouverture et l’accès à une offre commerciale de qualité sont des enjeux qu’il convient de relever.


Nos propositions

Préserver le petit commerce

  • Évaluer l’impact des ZTI sur les petits commerces avant d’envisager tout nouvel élargissement de la zone au sein de laquelle l’ouverture des commerces le soir et le dimanche est permise.
  • Expérimenter les « marchés commerçants » (soirée ou week-end) qui mettent en avant les commerçants des quartiers, avec des animations.
  • Accentuer les actions de médiation du Conseil de la Nuit.
  • Renforcer les moyens de la SEMAEST et notamment le programme CoSto et l’outil « Testeur de commerces »28.
  • N’autoriser l’implantation de nouveaux supermarchés que dans le cas d’une absence de commerces de bouche en nombre suffisant dans un rayon de 10 min de marche à pied.
  • Développer les formations des commerçants à l’accueil des touristes (formations linguistiques, ajustement des offres…).
  • Augmenter les aides à l’accessibilité des commerces.
  • Étudier le développement de mini entrepôts de quartiers, inter-commerces, pour mutualiser et faciliter le stockage, ainsi que la livraison.

Faciliter la vie des commerces et des entreprises

  • Mettre en place des aires artisanales localisées, dans un cadre géré par la Ville, avec mutualisation des moyens, des aménagements spécifiques aux métiers de l’artisanat, des aires de stockage, de livraison et une charte de qualité à respecter, s’imposant aux artisans implantés dans ces aires.
  • Mettre en place un référent unique en cas de perte de chiffre d’affaires pour travaux ou évènement, comme cela est permis, à titre expérimental, par la loi ESSOC.
  • Repenser avec l’État la gouvernance du Port autonome de Paris, notamment du point de vue de la gestion des redevances.
  • Utiliser l’affacturage inversé collaboratif (appuyé sur les factures numériques) pour améliorer les délais de paiements dus par la collectivité aux entreprises, notamment aux TPE-PME, comme le permet la loi PACTE.
  • Renforcer la mise en place de groupements d’employeurs ou de coopératives d’emplois agréées par la Mairie, permettant aux TPE (notamment aux commerces et artisans) de bénéficier de services auxquels elles n’auraient pas eu accès autrement.
  • Financer des salles de vidéoconférence, d’outils pédagogiques numériques, de médiathèque pour les nouveaux pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES).

Ressources humaines et gestion financière 

Redonner confiance aux agents et aux Parisiens

L’enjeu que nous devons nous fixer, c’est de dépenser mieux en apportant un meilleur service aux Parisiens. Il s’agit du seul horizon possible pour rétablir la confiance des Parisiennes et des Parisiens envers la gestion financière de Paris. Emprunter n’est pas malsain en soi, à condition que cela soit fait en ayant une vision, pour préparer l’avenir de manière cohérente et responsable, non pour mettre en place des rustines coûteuses ou pour financer, de manière détournée, des frais de fonctionnement de plus en plus importants en baissant la capacité d’autofinancement. C’est l’objectif qui doit sous-tendre l’ensemble des politiques publiques et des réformes que nous devons mener.

Plus d’efficacité, c’est réfléchir en termes de subsidiarité, vers les arrondissements (propreté, gestion de l’espace public, certaines subventions aux associations), vers une gouvernance partagée au sein de PariCo (nouveaux établissements publics, puis, à l’avenir, logement, urbanisme, transports), vers des relations apaisées avec la région (Transport, économie et emploi) et l’État (Sécurité, grande pauvreté, accueil des migrants et des réfugiés, éducation…). Mais la subsidiarité, c’est aussi avoir recours aux partenariats publics-privés, notamment dans la politique de logement, avec les incitations à investir pour les grands institutionnels grâce à des outils comme les baux emphytéotiques, élargis aux foncières solidaires.

La Ville de Paris doit cesser de s’improviser ce qu’elle n’est pas. Acquérir des terres agricoles franciliennes et s’improviser métayer, reviendra au final plus cher que de susciter un accroissement de l’offre en alimentation de qualité chez les agriculteurs franciliens.

Une politique de ressources humaines redessinée

Selon le rapport de la Chambre régionale des Comptes de 2017, la Ville de Paris emploie plus de 52 300 agents, pour un montant total de dépenses de personnel de 2,16 milliards d’euros. La masse salariale, après avoir été stable entre 2010 et 2015, a augmenté de 12% depuis.

Surtout, la Chambre observe que cette hausse des dépenses est également due à l’augmentation de certaines rémunérations et du nombre de recrutements dans les cabinets des Exécutifs, au secrétariat général et à la direction de la communication. La Chambre note, de plus, que les rémunérations versées à ces postes dépassent celles des équivalents en termes de fonctionnaires titulaires.


Nos propositions

  • Mettre en place, dès le début de la mandature, un dialogue social avec les représentants du personnel de la Ville de Paris, afin de définir le cadre d’application pour la mandature à venir de la loi de la transformation de la fonction publique, sur les points suivants :
    • Recours accru à la contractualisation (pour quelles catégories, pour quelles missions ?)
    • Mise en place des contrats de projets
    • Augmentation du nombre d’apprentis
    • Versement des primes individuelles et collectives
    • Favoriser le double détachement de fonctionnaires territoriaux, notamment avec d’autres collectivités (villes voisines) dans le cadre de la conférence Paris - Communes (par exemple, dans le cadre de projets concrets, ou pour gérer des établissements publics “à cheval” que nous appelons de nos vœux).
    • Dispositif de rupture conventionnelle et protocole de fin de fonctions
    • Harmonisation du temps de travail comme prévu par la loi.
  • Publier les 10 plus hautes rémunérations et répartition femmes / hommes (obligation légale).
    • Étudier la possibilité d’étendre cette transparence, direction par direction et aux établissements publics, syndicats mixtes ou SEM.
  • Mettre en œuvre les recommandations de la Chambre régionale des Comptes dans son rapport à de 2017 sur la politique des ressources humaines et de la gestion financière de la Ville :
    • “Formaliser une stratégie des ressources humaines au sein d’un document unique, dans lequel les objectifs et les actions sont hiérarchisés et programmés de manière pluriannuelle et les indicateurs de performance sont déclinés sur une durée minimale de trois années consécutives”.
    • “Présenter annuellement au Conseil de Paris les perspectives pluriannuelles par direction, formulées en termes d’effectifs et d’orientations à venir, ainsi que les taux prévisionnels d’évolution de la masse salariale et les cibles d’économies par direction et par établissement public local sur trois à cinq ans, et prévoir l’examen annuel de la réalisation de ces prévisions”.
    • “Mettre fin à l’octroi de la totalité des droits annuels à congés pour les agents partant à la retraite, en remplaçant ce régime par l’ouverture des droits à congés au prorata de la période écoulée entre le premier janvier et la date du départ à la retraite”
  • Renforcer l’accompagnement des personnels en situation de handicap.
  • Favoriser le développement d’emplois étudiants au sein des services de la Ville de Paris, sous la forme de contrats de « contractuels » et non de vacataires 29.
  • Renforcer le plan de lutte contre l’absentéisme des agents de la ville et prévenir la souffrance au travail, liée notamment à une perte de sens de ses missions. En 2015, le taux d’absentéisme moyen était de 11,38%, en hausse depuis 2012, alors même que le nombre d’accidents de travail ou de transports a baissé.
    • Définir des objectifs à atteindre en termes de réduction de l’absentéisme, administration par administration, notamment par rapport aux mesures discutées puis mises en place dans le cadre de la loi de Transformation de la fonction publique et par la requalification de certaines professions et le renforcement ponctuel d’effectifs (propreté, petite enfance…)
    • Lutter contre les éventuels abus et sensibiliser la médecine du travail
    • Redéfinir une nouvelle stratégie de formation interne aux services de la Ville, afin de mieux accompagner les souhaits de reconversion
    • Favoriser et rendre plus rapide les possibilités de changement d’affectation, à poste égal, au sein des services de la Ville, en cas de tensions entre personnels (au sein du réseau des crèches, des services de propreté, des bibliothèques, etc.).
  • Mener un diagnostic précis des facteurs de risque des personnels et mettre l’accent sur les actions ciblant les services et les métiers les plus exposés.
  • Renforcer les actions de prévention en matière de lutter contre toute forme de radicalisation.
  • Engager un audit permettant de déterminer la trajectoire de diminution des effectifs de l’administration de 10% sur la mandature via le non-remplacement des départs (hors personnels en contact avec le public).

Gestion financière

L’Exécutif se targue de ne pas avoir augmenté les impôts au cours de la mandature écoulée, conformément aux promesses de campagne. Pourtant, les Parisiens savent que leur pouvoir d’achat a été entamé par les décisions budgétaires de la Ville au cours de la période écoulée. S’il est vrai de dire que la fiscalité directe - taxe foncière, taxe d’habitation - n’a pas augmenté au cours des 6 ans écoulés, il est tout aussi juste de dire que tous les autres composants de la fiscalité locale ont eux, augmenté pour combler le trou budgétaire, désormais structurel : taxe sur les ordures ménagères, droits de mutation, taxe sur les résidences secondaires, taxes de séjour, prix du stationnement, tarifs de certains services ou équipements publics pour les ménages les plus aisés, droits de concession, etc.

Alors que la ville a profité d’un contexte très favorable au cours de la période - dynamisme du marché de l’immobilier, reprise économique - qui a permis d’augmenter les recettes de la Ville, elle n’a pas saisi cette opportunité pour mettre en œuvre les réformes de structure nécessaire. Dopée par l’explosion du marché immobilier qui exclut chaque jour davantage de Parisiens, la Ville en a profité pour augmenter ses dépenses. Un paradoxe de plus : la maire de Paris fait semblant de s’émouvoir de l’explosion du prix du m2 tout en en profitant largement pour cause de budget spéculo-dépendant…

Sans compter le recours à des artifices insincères pour combler le trou budgétaire issu de l’incapacité de la ville à faire face à ses responsabilités.

Au-delà des choix, contestables, en matière de politiques publiques au regard de leur efficacité pour les Parisiens, les erreurs de gestion dont la ville est la seule responsable a aussi pesé sur l’accroissement de la dette. La décision de mettre un terme brutalement à Autolib et les pénalités afférentes, le fiasco Vélib, les multiples contrats publicitaires retoqués ont également eu pour conséquences de plomber les finances de la Ville.

En 6 ans, l’Exécutif aura fait passer la dette de la ville de 4 à près de 7 milliards d’euros, une dette que devront rembourser les Parisiens à moyen terme… 7 milliards et non 8 comme cela aurait dû être le cas compte tenu de la trajectoire. La raison est à chercher non pas dans une soudaine sobriété dans la dépense mais dans l’incapacité à tenir les engagements pris à l’égard des Parisiens à travers le plan d’investissement de la mandature (exemple du plan Vélo) et l’artifice comptable des loyers capitalisés.

Nous devons également porter une attention toute particulière aux investissements. Les dérapages de coûts que nous avons connus, par exemple, avec Les Halles ou avec la Philharmonie, mais aussi les fiascos Vélib’ et Autolib’, doivent être des leçons pour l'avenir. En termes de commande publique ou de travaux, le moins-disant dans les dossiers de candidature ne signifient pas forcément les plus économiques sur le moyen et le long-terme, avec parfois des doublements ou triplements des coûts.

Un vrai plan d’investissements ne peut pas être un seul catalogue de dépenses en hausse, sans cohérence particulière entre les mesures, sans direction et financé par de la dette supplémentaire. Créer de la croissance, du travail et de l’emploi, ne passe pas par le recours à toujours plus de dépense publique.

Cette situation, nous n’avons eu de cesse de la dénoncer au cours des 6 ans écoulés. Les orientations budgétaires prises par la Maire ne sont ni soutenables, ni résilientes. Elles illustrent une conception peu rigoureuse des finances publiques.

En 2020, le constat sera assombri : la majorité sortante aura obéré les marges de manœuvre budgétaires de la Ville sans pour autant avoir tenu les engagements pris.


Nos propositions

  • Stabiliser les prélèvements fiscaux, à conjoncture égale. La hausse de la fiscalité n'est pas envisagée, sauf si les éléments extérieurs à la gestion de la ville (baisse des prix immobiliers, chute de la croissance économique, réduction des dotations de l’État…) remettaient en cause les équilibres financiers et l’endettement de la ville.
  • Fixer un objectif de réduction des charges de personnel de 2% par an, via le non-remplacement de départs à la retraite, la mutualisation d’effectifs avec les communes voisines, et la limitation des traitements hors grille. 
    • Réalisation d’un audit indépendant afin de fixer des objectifs pluriannuels spécifiques direction par direction, en sanctuarisant, voire en les augmentant, les effectifs en contact direct avec le public : petite enfance, sécurité...
  • Mettre fin à la fois à la spéculo dépendance et à la cavalerie budgétaire de la Ville en consacrant, à compter du budget 2021, l’augmentation éventuelle des droits de mutation au désendettement de Paris, au-delà de 1,650 milliard d’euros annuels (prévision du BP 2020). 
  • Rationaliser les dépenses de fonctionnement, en particulier dans l’administration centrale, en faisant mener un audit indépendant : rémunération exceptionnelle, dépenses de communication, etc.
  • Maintenir l’effort d’investissement pour financer les programmes prioritaires de la ville : respect des engagements de l’accord de Paris, rénovation urbaine, etc.
  • Améliorer les recettes externes issues du patrimoine de la Ville : redevances d’occupation de l’espace public, concessions publiques, cessions foncières.
  • Encourager les partenariats public-privé pour des investissements et équipements lourds.
  • Demander de recalculer le montant de la péréquation au regard des partenariats noués dans le cadre de la conférence Paris - communes.
  • Stabiliser les subventions accordées aux associations en échange d’une véritable étude d’impact menée et en intégrant dans le calcul les avantages en nature accordés (locaux, communication, etc.)
  • Rendre progressivement payant le stationnement des deux-roues motorisés (à travers un forfait mensuel) selon l’état d’avancement de la création de places dédiées aux deux-roues motorisés.
  • Développer une réelle évaluation des politiques publiques, projet par projet, en associant l’ensemble des élus mais aussi les Parisiennes et les Parisiens, pour continuer d'investir dans ce qui marche, et ne pas hésiter à mettre un terme à ce qui ne marche pas.

Associations - Démocratie participative

En finir avec les effets de manche

Le budget participatif institué en 2014 a fait couler beaucoup d’encre. Si nous avons souscrit à sa philosophie, considérant qu’il répondait à un besoin exprimé par de nombreux citoyens de participer plus activement à la vie de la Cité, force est de constater qu’après une période de rodage, le compte n’y est pas.

Or, le budget participatif représente 5% du budget d’investissement de la mandature, soit autant que le budget d’investissement pour la culture, la mémoire et le patrimoine. Son efficacité doit donc être questionnée.

La Mairie de Paris estime, qu’en 2019, il y a eu 143 489 votants au budget participatif. Il s’agit là d’un chiffre faible, lorsque l’on sait que le vote est ouvert aux enfants mais également, dans les faits, aux non-Parisiens, et qu’il n’est pas contrôlé pour prévenir les votes multiples, en ligne et physiquement par exemple.

Outre une adhésion toute relative à ce dispositif, le budget participatif tel qu’il est aujourd’hui organisé pose un certain nombre de questions en termes de recevabilité des projets, d’estimation budgétaire, de provenance, de rôle civique... L’évaluation budgétaire et la faisabilité des projets posent question. Quant à certaines initiatives, elles relèvent davantage de l’anecdote que de réelles avancées en matière de politique publique et engendrent des crispations chez les Parisiens à qui on demande en parallèle de se serrer la ceinture et qui voient des centaines de milliers d’euros dévolus à des projets pouvant apparaître comme anecdotiques.

Or dans l’organisation actuelle, tous les projets sont placés au même niveau. L’insertion dans le dispositif du budget participatif de la rénovation des toilettes dans les écoles avait été, à raison, décriée. Car le budget participatif ne peut en aucun cas être un moyen pour la Ville de se substituer à ses obligations.

Enfin, il faut noter un réel problème de rythme et de suivi par les services de la Ville au niveau de la gestion de projet. Entre les études préalables, le lancement des travaux, la réalisation… les budgets se suivent et les retards s’accumulent, au risque de décourager les Parisiennes et les Parisiens, à terme, de participer.


Nos propositions

Sanctuariser le montant du budget participatif sur la prochaine mandature, mais le limiter à deux éditions, dont une cofinancée par les communes membres de PariCo, selon le calendrier suivant, afin de redonner du sens à une initiative qui en a perdu :

  • Première édition : Paris et ses arrondissements
    • 2020 : Lancement des appels à projets et à participations.
    • 2021 : Phase de présélection, puis campagne de communication.
    • 2022 : Vote, puis lancement des travaux.
  • Deuxième édiation : PariCo
    • 2023 : Lancement des appels à projets et à participations.
    • 2024 : Phase de présélection, puis campagne de communication.
    • 2022 : Vote, puis lancement des travaux.

L’objectif de cette évolution est de favoriser la participation en mettant l’accent sur 2 budgets participatifs par mandature, afin de ne pas lasser les Parisiens et de pouvoir laisser le temps d’une vraie réflexion de projets, d’études, de campagne, puis de réalisation.

Dynamiser la démocratie locale 

Si la mairie de Paris s'enorgueillit de faire vivre la démocratie participative, un examen attentif de la situation actuelle récuse malheureusement cette affirmation.

Mis en place il y a moins de 20 ans, le dynamisme des conseils de quartier est très variable. Leur fonctionnement mérite d’être revu et ne peut être exclusif de cette démarche participative qui doit irriguer les politiques parisiennes.


Nos propositions

  • Remettre à plat et uniformiser les règles des conseils de quartier et leurs missions :  fonctionnement, composition, prérogatives, budget, etc.
  • Conférer un droit d’initiative aux conseils de quartier.
  • Les impliquer dans toutes les procédures de concertation pour les projets locaux : tournée du ramassage des ordures, implantation des zones de parking pour free floating, implantation de zones de livraison et de parkings pour les deux-roues.
  • Renforcer la communication autour de leur existence et de leurs travaux pour les faire connaître et inciter les citoyens à s’y impliquer.
  • Systématiser la co-construction avec les habitants pour les projets d’aménagements urbains dès leur genèse.
  • Améliorer l’information des habitants grâce à une application dédiée (actualités de l’arrondissement et des services municipaux, musées, bibliothèques, information sur les manifestations, etc.)
  • Utiliser, lorsque cela est pertinent, le référendum local, par exemple sur les grands projets d’aménagement et d’urbanisme. Organiser systématiquement un débat au Conseil de Paris sur le résultat des consultations locales.
  • Organiser une conférence annuelle des conseils de quartier à l’échelle de Paris.

Associations

Le tissu associatif parisien joue un rôle essentiel en termes de lien, d’accompagnement social, de pratiques sportives, d’inclusion, etc. Mais l’absence de stratégie globale associations par la Ville pose question : certaines sont utilisées pour mettre en œuvre les politiques publiques de la ville ; d’autres pour pallier certaines insuffisances ; d’autres encore comme laboratoires d’innovations. Les spécificités respectives ne sont pas suffisamment explicitées et l’encadrement et les retours d’expérience varient.


Nos proposition

  • Déterminer une stratégie associative, cadre des relations entre la Ville et les acteurs associatifs.
  • Renforcer la pérennité des associations en mettant en place un financement pluriannuel afin d’éviter le phénomène « couperet » et assurer aux associations une visibilité, grâce à la signature de conventions « moyens-objectifs ».
  • Allouer aux associations une part du réseau d’affichage parisien sur le même principe que le réseau d’affichage « Paris Culture » destiné à la promotion d'événements culturels, afin de permettre une meilleure communication du milieu associatif.
  • Revenir à une maison des associations par arrondissement.
  • Créer une structure « Paris Bénévolat » sur le modèle de France Bénévolat ayant pour objectif de promouvoir auprès des Parisiens la richesse du monde associatif.
  • Mettre à disposition des habitants un lieu d’innovation urbaine par arrondissement pour favoriser le lien social et le développement d’initiatives locales.

Gouvernance et déontologie

Réconcilier les Parisiens avec leurs élus et leur administration

La gouvernance de la maire sortante a été marquée par une brutalité et un isolationnisme rarement atteint. Mairie centrale contre mairies d’arrondissement, majorité contre opposition, l’exercice solitaire du pouvoir a eu des conséquences sur l’efficacité même des politiques publiques.

La maire de Paris sortante a montré, tout au long de son mandat, qu’elle avait une appréhension singulière de la démocratie représentative. Combien de fois a-t-elle affirmé qu’elle avait été élue démocratiquement comme seul argument pour défendre ses propositions ? Combien de fois les élus ont-ils appris par la presse des projets non défendus devant le conseil de Paris ? Combien de fois les engagements pris devant les élus n’ont-ils pas été tenus ?

Ces manquements répétés se sont accompagnés de la volonté de multiplier les organismes et conseils pour mieux marginaliser les représentants élus des Parisiens.

Symbole ultime du mépris de la maire de Paris pour la démocratie représentative : le visuel illustrant le conseil de Paris sur le site internet de la mairie représente en réalité… le conseil citoyen.

La méfiance à l’égard de la démocratie représentative est mesurable à l’aune de la création de multiples enceintes dites de démocratie directe qui ont vidé de sa substance le principe même de co-création avec les citoyens.

La vitalité démocratique de la capitale, si elle ne se résume pas au bon fonctionnement de la démocratie représentative, ne peut s’en exonérer. La dimension participative, indispensable, y gagnera.

C’est donc l’ensemble de la gouvernance parisienne qu’il faut revoir pour mettre fin aux batailles rangées et permettre à tous de travailler ensemble au service des Parisiens.

Revaloriser le rôle des assemblées délibératives

Le fonctionnement du conseil de Paris a été vidé de sa substance par la maire sortante, comme pour mieux marginaliser la démocratie représentative. Elle est pourtant indispensable mais doit être profondément renouvelée. Il est urgent de faire entrer l’assemblée parisienne dans le XXIe siècle, et en faire une véritable enceinte de démocratie locale, ouverte sur la ville et mobilisée pour l’intérêt général des Parisiens.


Nos propositions

  • Revoir profondément la gouvernance parisienne pour sortir de la bipolarisation – majorité / opposition en associant systématiquement l’ensemble des groupes politiques.
  • Élargir les prérogatives des conseils d’arrondissement aux politiques publiques de proximité : propreté, aménagement, lutte contre les incivilités par redéploiement des personnels concernés.
  • Systématiser la consultation des conseils d’arrondissement sur les politiques ayant un impact sur l’arrondissement.
  • Favoriser les échanges de bonnes pratiques entre adjoints d’arrondissement en charge d’un même secteur.
  • Réserver une partie de l’ordre du jour du Conseil de Paris à l’examen des délibérations proposées par les conseils d’arrondissement.
  • Promouvoir une équité de traitement entre les arrondissements, en s’engageant, à partir de critères et d’objectifs précis et rendus publics, à offrir dans chaque arrondissement une quantité et une qualité de services comparable et adaptée aux besoins de chacun.
  • Retransmettre les conseils d’arrondissement en vidéo sur Paris.fr.
  • Revoir le fonctionnement du Conseil de Paris :
    • associer systématiquement les groupes d’opposition à l’évaluation des politiques publiques ;
    • faire des réunions plénières de véritables moments de débats contradictoires, en présence du premier édile ;
    • revoir la répartition des rôles avec les commissions délibératives ;
    • mettre des critères de recevabilité des vœux ;
    • améliorer l’information des élus ;
    • créer une commission “Dénominations” pour filtrer les nombreux vœux “dénominations” au Conseil de Paris ;
    • prévoir à chaque débat structurant un temps d’évaluation des politiques publiques par les services.

Déontologie

Malgré les discours, les avancées sur ces questions majeures sont restées trop parcellaires et ont révélé un décalage important entre le discours et les actes. Il en est ainsi de la question de la suppression des jetons de présence dans les sociétés d’économie mixte que nous avons portée à de nombreuses reprises en nous heurtant à une fin de non-recevoir, ou encore l’adaptation des moyens de la ville à la lutte contre le changement climatique.


Nos propositions

  • Limiter le recours au parc automobile de la Ville par les élus.
  • Déployer un parc 100% vert de véhicules d’ici la fin de la mandature.
  • Supprimer les jetons de présence pour les administrateurs des SEM.
  • Publiciser les réunions des organismes parisiens et intercommunaux (SEM, syndicats mixtes, commissions d’attribution…).
  • Revoir l’organisation des bureaux des élus de l’Hôtel de Ville afin de l’ouvrir sur la ville : rénovation thermique, bureaux partagés, bureau de réception.

Rapprocher les services publics des citoyens

La question de l’accès aux services publics, si elle ne revêt pas la même sensibilité, à Paris que dans les territoires n’en est pas moins prégnante. Pour un actif, il s’agit de la facilité à trouver l’information, la capacité à effectuer ses démarches en ligne ou l’amplitude horaires ; pour les personnes plus fragiles, c’est la question de l’éloignement dont il faut tenir compte. Le rapprochement des services de la Ville et les concitoyens doit constituer un axe prioritaire pour retisser le lien distendu entre la Ville et ses administrés.


Nos propositions

  • Uniformiser et rendre efficace, l’ensemble des démarches administratives, centrales ou d’arrondissement, sur un site internet unique fonctionnel.
  • Veiller à la préservation de l’accessibilité des services publics locaux : bureaux de poste, centre des impôts, caisse d’allocation familiale, etc.
  • Élargir les horaires d’ouverture des services accueillant du public.
  • Faire respecter par les services le droit à l’erreur, permis par la loi ESSOC
    • Mise en place de mécanismes pour faire respecter ces droits
    • Formation des agents concernés à cette loi.

Toutes nos propositions