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Conseil de Paris

Hausse des tarifs des services publics parisiens : "Paris n'est plus attractif pour les familles"

15 Décembre 2014

Conseillère de Paris du XVIème arrondissement, Béatrice Lecouturier est intervenue pour dénoncer les nombreuses hausses tarifaires qui impactent de plein fouet les budgets des familles à Paris.

Madame la maire,

Un grand quotidien exprimait récemment le « ras-le-bol des familles » concernant la hausse tarifaire des services publics parisiens que vous nous présentez aujourd’hui.

Ce ras le bol illustre bien l’exaspération des familles parisiennes des classes moyennes qui subissent de plein fouet, non seulement la politique fiscale du gouvernement avec le plafonnement du quotient familial et la réduction des allocations familiales, mais en plus maintenant, la politique parisienne avec l’augmentation des tarifs de services publics municipaux en créant 2 nouvelles tranches de tarification.

Il apparait donc clairement que le gouvernement de Mr Hollande comme l’Exécutif de madame Hidalgo ont la volonté de faire peser sur les familles le poids des déficits de leurs budgets.

A la rentrée prochaine de septembre, ce sont donc 2 nouvelles tranches tarifaires supérieures qui seront appliquées pour les conservatoires, les cantines, les centres d’animation, les activités périscolaires payantes.

Pour exemple, le prix d’un repas à la cantine pour une famille de 2 enfants dont le revenu fiscal de référence se situe entre 10 000 et 15 000 euros passera de 5.10 euros actuellement à 6 euros soit une hausse de 17.65% .

Cette hausse sera de 37 % pour les familles dont le revenu fiscal est supérieur à 15 000 euros en faisant passer le prix du repas à 7 euros plus cher qu’un menu Mc Do !

Autre exemple, le tarif maximum d’une année de conservatoire passera de 510 euros actuellement à 780 euros pour la tranche 9 et sera doublée pour la tranche 10 passant à 1100 euros soit 100% de hausse.

Et que dire des ateliers des Beaux Arts dont la hausse des tarifs atteint 134%.

Vous nous expliquez Madame la Maire que cette mesure est prise sous couvert de justice sociale.

Nous avons toujours revendiqué dans notre groupe centriste les notions de solidarité sociale. Une solidarité sociale humaniste comme ciment de notre société et non comme frontières dressées entre les individus ou entre les familles. La solidarité n’est pas l’iniquité.

Dans votre délibération, la notion même d’égalité de service public est remise en cause .

Les services publics sont donc déjà par définition un outil de justice sociale..

Les ménages à revenus faibles ne contribuent pas ou peu au financement des services publics financés par l’impôt tout en en bénéficiant dans les mêmes proportions que les ménages qui paient l’impôt. Et cela est normal.

Mais avec la nouvelle grille tarifaire que vous mettez en place, vous prenez le risque de faire fuir les familles de classes moyennes de ces services publics puisqu’ils qui n’ont plus d’intérêt à en profiter.. Elles vont donc se tourner vers les acteurs du privé pour tout ce qui est activités culturelles et périscolaires . Même le prix d’un repas de cantine à 7 euros pour une famille de 3 enfants soit 21 euros /jour devient un budget dissuasif.

Nous sommes donc dans une situation incroyable où les familles parisiennes de classe moyenne financent les services publics par leurs impôts mais sans plus d’intérêt à en bénéficier.

La richesse de la mixité sociale c’est justement le mélange de toutes les catégories sociales, quelle qu’elle soit et sans exclusion d’aucune..

De plus je ne comprends pas très bien votre notion de justice sociale. Alors que les besoins en termes de solidarité n’ont jamais été aussi criants, le budget du Centre d’Action Sociale de la ville de Paris dont je suis administratrice diminue de 7,7 millions d’euros par rapport au budget primitif 2014.

Où est la justice sociale Madame La Maire quand on fait payer les plus pauvres ?

A l’heure où la lutte contre le grande exclusion est érigée en grande cause de la mandature, la solidarité en prend un coup.

Alors vous pouvez appeler ces mesures des mesures de simplification, de modernisation, d’harmonisation, vous pouvez les appeler comme il vous plaira, les parisiens et les parisiennes ne retiendront qu’un mot : augmentation, hausse des tarifs alors que vous vous étiez engagée à ne pas augmenter les impôts.

Nous voyons bien que vous faites des exploits de sémantique pour ne pas désavouer vos promesses de campagne mais les parisiens ne sont pas dupes.

Comme le Président de la République, la réalité budgétaire de paris a rattrapé vos engagements électoraux intenables.

La question est de savoir quels signes vous voulez donner aux familles parisiennes Madame la Maire ? Souhaitez-vous faire de Paris le Paris des plus aidés et des plus aisés comme le disait justement Nathalie Kosciusko-Morizet pendant la campagne des dernières élections municipales ?

Alors que les familles de classe moyenne quittent de plus en plus la capitale pour aller vivre en banlieue parce que Paris devient inabordable, Paris devient difficile à vivre au quotidien, vous donnez une raison supplémentaire à ces familles de quitter Paris et qui pourtant souhaiteraient y rester..

Paris n’est plus attractif pour les familles. Le solde migratoire parisien en témoigne. Le nombre de familles quittant paris est supérieur au nombre de celles qui s’y installent.

Notre groupe centriste très attaché aux familles ne peut que regretter ces hausses de tarifs des services publics parisiens qui les touchent directement.

Nous voterons donc bien évidemment contre ces augmentations.

Béatrice Lecouturier

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