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Conseil de Paris

Tour Triangle : "A l'opposé des nouvelles tendances qui se dessinent pour demain"

30 Juin 2015

Marielle de Sarnez est intervenue ce matin en Conseil de Paris pour réaffirmer l'opposition de notre mouvement à la Tour Triangle. "Nous ne sommes pas là pour défendre des intérêts particuliers. Nous sommes là pour défendre l’intérêt général de notre ville, l’intérêt général des Parisiens", a-t-elle rappelé à cette occasion.

Madame la Maire,
Mes Chers Collègues,

J'aime les idées simples, donc je vais défendre aujourd'hui devant vous les mêmes idées exactement que celles que j'ai défendues en novembre dernier. Je suis et je reste défavorable à cette tour de bureaux qui ne fait pour moi aucun sens, qui n'est pas pertinente, qui n'est pas utile et qui n'est en aucun cas bonne pour l'intérêt général des Parisiens et de la ville, parce qu'au fond, malgré un petit ajustement technique à la marge, c'est bien le même projet que nous avons aujourd’hui. D'ailleurs, les Parisiens ne s'y trompent pas. Et il n'y a pas besoin de changer la maquette : c'est exactement la même.

Les arguments que vous avancez, Madame la Maire, au fond, ce sont des arguments qui disent : c’est « pour la modernité et pour l'attractivité ». Eh bien, ils ne sont absolument pas convaincants. D'abord, la modernité, ça ne s'inscrit pas forcément dans des immeubles de grande hauteur. Ça peut s’inscrire dans des gestes architecturaux forts, à condition qu'ils fassent sens. Une tour de bureaux placée au milieu d'un parc des expositions, franchement, ça ne fait pas sens.

Je voudrais ajouter que le concept même de tour de bureaux est profondément à l'opposé des nouvelles tendances qui se dessinent pour demain, pour ceux qui travaillent. Je pense que c'est exactement l'inverse qui arrive : aujourd’hui, on ne recherche plus le gigantisme, l'anonymat, l'impersonnel. On recherche ce qui est humanisé, ce qui est proche, le small is beautiful.  

Quant à l’attractivité de Paris, c’est évidemment un mythe, parce que s’il suffisait de construire des tours de bureaux pour qu’une ville soit attractive, ça se saurait. L’attractivité, c’est bien autre chose et on le sait. C’est la stabilité juridique, fiscale et administrative pour les entreprises françaises, parisiennes et franciliennes. C’est évidemment la qualité de vie, la qualité de l’école, la qualité des transports. C’est la culture, c’est la qualité de l’air. L’attractivité d’une ville, ce ne sont pas les tours de bureaux.

Voilà pour le fond.

Dans quelques minutes, Yves Pozzo di Borgo et Yann Wehrling donneront d’autres arguments, en particulier la question du Grand Paris qui n’est absolument pas traitée dans votre délibération.

Je voudrais enfin dire un mot sur la forme. J’ai la désagréable impression que dans cette affaire, toutes les cartes ne sont pas sur la table. Il y a un fort signe de la mairie de Paris que je trouve pour ma part incompréhensible. J’ai le sentiment que l’on veut nous imposer, avec des pressions diverses, qui sont toujours amicales, comme le sont toujours les pressions, une décision dont au fond nous ne connaissons pas tous les tenants et tous les aboutissants.

Et bien moi je considère que nous ne sommes pas là pour exécuter des décisions prises par d’autres dans d’autres lieux. Nous ne sommes pas là pour entériner la stratégie d’un promoteur immobilier, même s’il fait un chèque. Nous ne sommes pas là pour défendre des intérêts particuliers. Nous sommes là pour défendre l’intérêt général de notre ville, l’intérêt général des Parisiens. C’est notre rôle et c’est pourquoi notre conseil s’honorerait à rejeter la proposition qui lui est faite aujourd’hui.

Je vous remercie.

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