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Paris

Conseil de Paris

"Lançons une concertation à l'échelle métropolitaine sur l'accueil des migrants étrangers et l'accélération des procédures administratives"

2 Juillet 2015

Revenant sur les drames humanitaires dont sont victimes les migrants issus principalement de la Corne de l'Afrique, de Syrie ou de Libye, Fadila Mehal a défendu, au nom du groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris, un vœu pour que soit lancée une grande concertation à l'échelle métropolitaine sur l'accueil des migrants étrangers et l'accélération des procédures administratives les concernant.

La question de la migration est une question sérieuse qui ne mérite ni posture idéologique, ni caricature car au-delà du mot générique de « migrants », il s’agit d’abord du sort de femmes, d’hommes et d’enfants qui affluent en Europe, en France, à Paris, en provenance principalement de la Corne de l’Afrique, de Syrie ou de Libye, poussés par la sécheresse, la misère, les dictatures, les guerres ou même notre ingérence dans leur pays.

Ces populations extrêmement vulnérables aux vies brisées aux destins fracassés, sont aussi les premières victimes de filières d’exploitation mafieuse ;

Selon un rapport du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies, le nombre de déplacés et de réfugiés des Nations Unies, le nombre de déplacés et de réfugiés à la suite des multiples conflits dans le monde a atteint un niveau record de 60 millions de personnes
en 2014, témoignant d’une « accélération saisissante » ; et ce n’est pas fini, car nous devons nous attendre à un pic du nombre de déplacés et réfugiés pour la fin de l’année.

Chiffre sinistre durant l’année 2014, 3.500 personnes ont perdu la vie ou ont été portés disparues avec une Méditerranée qui est devenue leur  tombeau.

Que devons-nous faire ? Détourner la tête et regarder ailleurs affolés et tétanisés par la montée des populismes d’extrême droite, qui voient de façon caricaturale dans chaque réfugié politique le cheval de Troie d’un Daesh conquérant ? Non, cela n’est pas notre façon de penser, pour les humanistes que nous sommes et pour ne pas renier nos traditions héritées des siècles des lumières, nous devons continuer à être une terre d’asile, certes, mais régulée, à tous les réfugiés qui fuient la guerre, la pauvreté, ou la sécheresse.

Certes, la compétence d’accueil et d’immigration ainsi que la gestion du droit d’asile relèvent de la responsabilité de l’État. La Ville de Paris, concernées au premier chef, doit aussi assumer sa part.

C’est le sens du vœu que je présente au nom du groupe UDI MoDem. Ce vœu s‘intègre dans une vision globale, qui prend en compte la situation d’urgence, je dirais même de péril, mais aussi qui réfléchit à des solutions à moyen et à long terme à l’échelle européenne et
mondiale.

Ainsi, nous pensons qu’il est impératif de travailler à l’harmonisation des procédures de demande du droite d’asile dans les pays de l’Union et de rendre plus efficace la politique de
codéveloppement en direction du continent africain.

Par ailleurs, les enjeux humains, sanitaires et de sécurité publique, auxquels doit faire face la collectivité parisienne, face à la constitution de campements à Paris et à la saturation de ses capacités d’accueil des centres d’hébergement d’urgence parisiens, nous montrent que ces problèmes ne peuvent être résolus efficacement, que dans une approche métropolitaine, interdépartementale et régionale, suivant le principe de subsidiarité et l’impératif de solidarité intercommunale.

À ce titre nous souhaitons que la maire de Pairs lance une concertation à l’échelle métropolitaine sur l’accueil des migrants étrangers et l’accélération des procédures administratives les concernant, réunissant les représentants de la collectivité parisienne, les maires d’arrondissement, la Préfecture de Police et des représentants de l’État, ainsi que la région Ile de France et les collectivités incluses dans son périmètre ;

Enfin, si nous nous projetons à plus long terme, certains réfugiés obtiendrons immanquablement leur régularisation administrative, alors il faudra que le schéma local d’intégration que nous avons voté lors du précédent conseil soit le lieu où s’élaborera leur parcours d’intégration afin d’éviter les ruptures.

En France, nous avons fait solennellement le pari que chaque immigré d’hier devienne le Français de demain, assis à la table de notre République en égalité de droits et de devoirs. Cette passion française nous honore mais nous devons encore travailler aux moyens de la
respecter. Car en France comme dans beaucoup d’autres pays d’Europe, le vivre-ensemble et les politiques d’intégration trébuchent à l’épreuve de la crise économique et sociale mais aussi du religieux et des identités exacerbées voire meurtrières, ce schéma local
d’intégration peut être une réponse précieuse.

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