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Rythmes scolaires : "Nous demandons la communication du bilan des évaluations des ateliers réalisés par des prestataires extérieurs"

1 Juillet 2015

Conseillère de Paris élue dans le XVIème arrondissement, Béatrice Lecouturier s'interroge sur le mode d'évaluation des ateliers réalisés par des prestataires extérieurs, sur le contenu précis de ces ateliers et sur leur attractivité dans les quartiers défavorisés.

Madame la Maire,

Cette rentrée  2015 sera la 3eme année de mise en œuvre de l’aménagement des rythmes éducatifs et si des améliorations qu’il faut reconnaitre ont été apportées depuis le projet initial de 2013, il reste encore de nombreux axes de progression pour que ces rythmes scolaires soient un réel succès auprès de tous les acteurs de cette réforme.

Mais le sujet d’aujourd’hui n’est pas de faire un bilan de ces ARE mais de nous pencher sur les associations qui sont au cœur du dispositif.

Je rappelle que ce sont plus de 15 000 ateliers qui interviennent 2 fois par semaine dans les 662 écoles élémentaires et maternelles parisiennes.

12 000 ateliers sont assurés par la ville de Paris et en complément, 3100 ateliers sont confiés à 372 prestataires extérieurs.

Ces prestataires extérieurs sont sélectionnés soit dans le cadre d’un marché public, soit dans le cadre d’un appel à projets.

La présente délibération stipule que, je cite, « seuls les prestataires n’ayant pas donné satisfaction seront remplacés ».

Donc de facto, les autres prestataires seront reconduits sur la base d’une campagne d’évaluation menée courant février.

Mais sur quelle base de critères précis et quels ont été  les évaluateurs de ce bilan, tant pour les ateliers animés par les intervenants extérieurs que ceux conduits par les animateurs de la DAC, la DJS et le CASVP.

En effet le seul principe d’annualité ne peut dispenser les sortants de tout examen critique.

C’est pourquoi notre groupe UDI MODEM dépose un vœu vous demandant la communication de ce bilan à l’ensemble des conseillers de Paris en précisant les critères d’appréciation retenus pour la reconduction de ces ateliers.

Il parait évident que la réussite de l’aménagement des rythmes éducatifs ne peut être basée que sur l’information, la consultation et l’appréciation de tous les acteurs de cette réforme : à savoir les Référents  Educatifs Ville (REV), les Directeurs d’école, les équipes enseignantes, les parents et les enfants.

A cet égard, la FCPE de Paris en février dernier a réalisé un sondage auprès des familles de 122 écoles situées dans 18 arrondissements parisiens a été révélateur de cela.

Que disent les parents d’élèves ?

  1. Une information encore trop insuffisante sur le contenu des ateliers.
  2. Un manque de formation des animateurs
  3. Un manque de surveillance et de discipline dans certains ateliers
  4. Le manque d’exemplarité de certains animateurs auprès des enfants
  5. Une grande fatigue des enfants de maternelle
  6. Le contenu de certains ateliers en maternelle qui se résument à de la garderie ;

Vous voyez que le son de cloche est bien différents de celui des services de la ville.

Tout cela pour vous dire, Madame, que dans l’intérêt des enfants et pour une amélioration du contenu des ateliers, l’association des familles serait très positive et appréciée des parents.

Quant aux 2 objectifs principaux revendiqués par cet appel à projets à savoir, privilégier la dimension locale et promouvoir les valeurs de la République, il semble que la réalité terrain soit toute autre.

  1. Concernant la dimension locale des associations, son application est plutôt contestable. En effet, sur 156 organismes sélectionnés, 14 ont encore leur siège social en dehors de Paris soit 9% des organismes sélectionnés. Il n’est bien évidemment pas question de remettre en cause la valeur et le professionnalisme de ces associations, mais je préfèrerais que la priorité soit donnée aux associations dont le siège social est à Paris. Surtout lorsque dans le 16è arrondissement dont je suis élue, 1 seule association de l’arrondissement a été retenue.
  2. Quant aux valeurs de la République, il est effectivement bien de les remettre à l’honneur dans les cadre de ces ARE, mais ces valeurs doivent s’exprimer dans chaque atelier et cela quelque soit l’activité proposée. C’est l’animateur qui, par son comportement exemplaire auprès des enfants saura transmettre des valeurs de respect, d’écoute, de partage et de discipline.

Le respect de ces valeurs républicaines constitue le socle attendu de la part de tout animateur évoluant auprès d’un jeune public scolaire.

Nous nous interrogeons enfin sur 2 grandes questions dans votre délibération.

La 1ère concerne le contenu précis des ateliers.

Comment un simple objet statutaire décrivant l’association peut suffire à sélectionner une association ? Comment se faire une idée précise sur un intitulé d’une trop grande généralité ?

Il serait bien plus pertinent de présenter de façon complète les champs d’activité de ces associations et le contenu précis de leurs interventions auprès de chaque arrondissement.

Autre question, les thématiques développées au sein de ces ateliers ne mettent pas suffisamment l’accent sur les langues, les civilisations et les cultures étrangères ou encore les sciences appliquées.

La vocation des ARE est d’être un support différent et complémentaire des apprentissages fondamentaux ? C’est pourquoi je m’interroge sur cette catégorie fourre-tout d’ateliers dont la thématique s’intitule «  autre thématique répondant aux objectifs d’innovation et de localisation dans une école » Excusez-moi, mais le message est incompréhensible et encore moins identifiable.

Enfin, je terminerai mon propos sur une question trop souvent laissée de côté à savoir les enfants issus de quartier politique de la ville.

En effet, les conclusions du rapport du cabinet indépendant ICC faisaient état de difficultés de gestion de groupe et d’attractivité de certains ateliers comme la musique ou le théâtre dans les quartiers défavorisés. Là encore, face à ce bilan, quelles sont les actions qui ont été menées pour pallier à ce constat ?

Or ce sont bien à ces enfants que doit s’adresser cette réforme. En ne dirigeant pas de façon plus directe vers des ateliers qui ne suscitent pas leur intérêt au 1er abord, on prive ces enfants des quartiers défavorisés d’une ouverture et d’une liberté culturelle à laquelle ils n’ont pas accès.

C’est le fondement même de cette réforme qui est remis en cause.

Compte tenu de tous ces éléments, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

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