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Conseil de Paris

Zones 30 : "Nous avons une exigence pour l'avenir : la concertation"

27 Mai 2015

Maud Gatel, présidente du MoDem Paris, s'est réjouie que l'exécutif se soit rallié à la proposition portée par les centristes depuis 2008 de limiter la vitesse autorisée dans les arrondissements centraux. Elle a également souligné la nécessité de mener "une véritable démarche de concertation" avant d'élargir cette limitation aux grands axes.

Par cette délibération, notre assemblée est amenée à se prononcer sur une demande de subvention auprès de la région Île-de-France dans le cadre du programme 2015 de zones 30. Et nous offre l’opportunité d’évoquer le développement de la limitation de vitesse dans la capitale.

Dès 2008, les centristes proposaient de faire des arrondissements centraux parisiens une zone apaisée, à la circulation réduite, afin de favoriser une meilleure cohabitation entre les différents types de mobilité.

En effet, la physionomie des arrondissements du centre de Paris, leur forte fréquentation par les piétons ainsi que la densité du bâti et le maillage des transports en commun se prêtent particulièrement bien à la limitation de la vitesse et au partage de l’espace public.

Proposée dès 2008, cette mesure fut également portée en 2014 et provoqua une certaine ironie de la part de membres de l’exécutif actuel. Dès lors, nous sommes particulièrement heureux de voir qu’après avoir été raillés par la majorité, celle-ci se fut ralliée à notre position.

La limitation de la vitesse à 30 km dans les arrondissements centraux ainsi que la création de zones de rencontre vont permettre de favoriser la coexistence entre les différents modes de déplacements et diminuer l’accidentologie sur ces territoires. Les zones 30 permettront également d’augmenter significativement le nombre de kilomètres de pistes cyclables grâce aux contre sens permis par la loi de 2008. Dans ce cadre, je souhaite à nouveau insister, comme nous l’avions fait dans le cadre de l’examen du Plan vélo, sur la nécessaire sensibilisation des différents publics sur ces nouveaux aménagements afin d’autoriser la meilleure cohabitation possible entre les mobilités, en toute sécurité.

En oxygénant le cœur de l’agglomération, la limitation de la vitesse aura également des effets positifs sur les émissions de polluants, ainsi que sur le bruit. Et nous savons tous combien la lutte contre la pollution atmosphérique est une impérieuse nécessité dans la capitale.

Si nous soutenons, avec enthousiasme, et sans réserve, la limitation à 30 km/h du réseau secondaire des arrondissements centraux, nous avons une exigence pour l’avenir : la concertation.

Les déclarations d’intention visant à intégrer à cette limitation à 30 km l’ensemble des grands axes du centre de la capitale nous paraissent à tout le moins prématurées, si ce n’est contre productives.

Avant toute extension de la limitation de vitesse aux grands axes, il est primordial d’évaluer d’abord les effets des zones 30 du réseau secondaire. Il faudra également prendre en considération les effets de la fermeture des berges rive droite en termes de reports de trafic. Car les congestions peuvent anéantir les effets positifs de la réduction de la vitesse en matière de lutte contre la pollution et de lutte contre le bruit.

Au-delà de l’évaluation et des nécessaires études préalables, la décision de poursuivre la limitation de la vitesse dans la capitale, notamment sur les grands axes, doit faire l’objet d’une véritable démarche partenariale de concertation.

Concertation avec la préfecture de police bien sûr, puisque les grands axes relève de sa responsabilité.

Concertation avec la RATP ensuite, en raison des reports sur les transports en commun de cette politique mais également à cause des effets directs de la limitation de la vitesse sur la circulation des bus.

Concertation avec la métropole, car Paris constitue une zone de transit extrêmement importante et notre assemblée ne peut seule décider de mesures ayant des impacts sur l’ensemble de la région.

Concertation avec l’échelon local également afin que les nouvelles zones de limitation de vitesse fassent l’objet d’une concertation approfondie avec les mairies d’arrondissement.

Et naturellement, concertations avec les Parisiens et les Franciliens. Il convient de proposer de réelles alternatives aux Franciliens contraints d’utiliser leur voiture, condition de l’acceptabilité du projet.

La réduction de la place de la voiture va dans le bon sens, celui de l’intérêt général, mais il faut le faire avec les Parisiens et les Franciliens, et non contre eux, dans le respect de la mobilité et de l’attractivité, notamment économique, de la ville.

Prendre le temps de la concertation avec les usagers, les professionnels, les mairies d’arrondissement et la métropole, c’est aussi cela la démocratie participative.

Parce que nous voulons voir la limitation de la vitesse dans le réseau secondaire mise en œuvre, nous soutenons cette délibération visant à demander une subvention au conseil régional pour ce faire. Mais nous vous exhortons à ne pas élargir cette limitation aux axes structurants des arrondissements centraux, sans études préalables et sans une concertation large menée avec les usagers et les professionnels. Pas de décision précipitée ; sur ce point aussi, il est urgent de ralentir.

Je vous remercie.
 

Maud Gatel
Conseillère de Paris (XVème arrondissement)
Vice-présidente du groupe UDI-MoDem


 

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