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Fadela Mehal: "Les droits des femmes ainsi que l’égalité hommes-femmes ne vont pas de soi"

16 Mars 2015

Intervention de Fadila Mehal sur l'égalité femmes-hommes.

On dit qu’on mesure le degré de civilisation d’une société à la place qu’elle accorde aux femmes.

Dans certains pays dans le monde, l’école leur est refusée, elles sont lapidées, violées et sont souvent des butins de guerre. Leur corps ne leur appartient plus, il est caché sous des voiles d’un autre âge pour réaffirmer la domination masculine dans l’espace public.

Heureusement dans notre pays, leur situation est plus envieuse, mais elles n’ont obtenu le droit de votre en 1946, la mixité est rarement atteinte dans l’enseignement professionnel, elles connaissent un taux d’emploi plus faible et un taux de chômage plus fort, leurs emplois se concentrent principalement dans 12 filières (enseignantes, vendeuses, etc.), elles ont des retraites plus faibles complétées par le minimum vieillesse et que dire de la représentativité politique, puisqu’il a fallu plusieurs lois accouchées dans la douleur pour qu’à l’Assemblée Nationale elles atteignent le pénible pourcentage de 28%, nous plaçant ainsi au 60 rang mondial après le Pakistan. Et il faudra atteindre 2015 pour que deux femmes, Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle, entrent enfin au Panthéon.

Autant le dire, malgré le 8 mars, journée annuelle internationale des droits des femmes qui célèbre leurs mérites, les femmes ne sont pas vraiment à la fête les 364 autres jours de l’année. Heureusement au groupe UDI-Modem du Conseil de Paris, elles sont une majorité écrasante de 10 sur 16 élus. Il y a encore des raisons d’espérer.

Dans cet inventaire à la Prévert triste à pleurer, en France et à Paris, notre première urgence est de rappeler aux jeunes générations que les droits des femmes ainsi que l’égalité hommes-femmes ne vont pas de soi. Il a fallu bien des combats émancipateurs pour que la dignité des femmes et leurs droits soient respectés et que les acquis ne sont jamais définitifs, à tout moment ils peuvent être remis en question. Ces droits constituent souvent une question de vie ou de mort. Tous les 3 jours une femme meurt en France sous les coups de son conjoint, il n’y a pas très longtemps, avant la cause nationale en 2010, on fermait pudiquement les yeux sur ces violences, en disant qu’elles relevaient de l’espace privé.

Au nom du groupe UDI-Modem, je salue la création d’un observatoire contre les violences faites aux femmes à l’image de celui de Bobigny. Par ailleurs, en tant que Présidente de la Commission Culture, je déplore la gouvernance des structures culturelles à paris ou seules 20% de femmes président les CA, mêmes si elles sont 82% à la tête des bibliothèques parisiennes, à la direction des conservatoires elles plafonnent encore à 20%. Oxygénons la culture, Monsieur Julliard, par l’apport plus significatif des femmes !

Madame la Maire, la délibération que vous proposez est bienvenue, car en matière d’égalité Homme-femmes, Paris, ville monde, doit être exemplaire. Et nous devons balayer devant notre porte. Malheureusement, en tant qu’employeur, il reste des marges de progrès. Le rapport social de la Ville montre une sous- représentation des femmes aux postes d’encadrement. A l’inverse elles sont surreprésentées dans les catégories C. Dans les rémunérations les plus faibles, 74% sont des femmes. Les 11 principaux métiers de la collectivité sont encore marqués par une dichotomie absolue entre les deux sexes, Madame le Maire, il faut que cela s’améliore et que la Ville s’engage résolument dans la signature de la chartre de la diversité et du label diversité, norme AFNOR.

Je voudrais pour terminer, rappeler la question de ces femmes qui, à Paris, subissent sans que l’on en parle trop, la triple discrimination, liée à leur classe sociale, leur origine et leur sexe, je veux parler des femmes de la diversité. Je viens de leur consacrer une livre MarianneS avec un grand S, car elles sont la vigie de notre République et le marqueur d’une intégration réussie. Elles sont souvent la cible des conservateurs et des fondamentalistes religieux. Avec notre soutien, elles doivent trouver le chemin de l’émancipation et l’apprentissage du Français en est une première clef.

Alors pour toutes ces raisons, le groupe UDI-Modem votera la délibération.

Et à toutes ces femmes qui se lèvent et qui avancent, nous leur disons tout simplement « impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s’habitueront ».

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