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Nous devons avoir un débat sincère sur la place et les missions de la publicité à Paris

4 Mai 2018

Maud Gatel intervient sur le renoncement de la ville de Paris à demander une taxe sur la publicité, préférant demander une redevance aux afficheurs publicitaires.

Madame la Maire, mes chers collègues,
Sous un aspect presque anodin, cette délibération est capitale à double titre :

  • Elle illustre la succession de déconvenues juridiques que connaît la ville

  • Elle annonce la fin de la publicité à Paris, au moins pour quelques mois.

    Par cette délibération, la ville renonce à demander une taxe sur la publicité, préférant demander une redevance aux afficheurs publicitaires. Par cette délibération, la ville se conforme à la loi.

    Mais par cette délibération, nous mettons également fin à deux consultations en cours ayant trait au marché publicitaire. Qui prévoyait justement ce cumul taxe / redevance.

    Par cette délibération, nous offrons une porte de sortie à la ville pour ne pas risquer, à nouveau, une déconvenue juridique.

    Effectivement, cela aurait fait beaucoup :

  • Après la décision du tribunal administratif annulant l’attribution de la MUI 1, décision confirmée par le conseil d’Etat au mois de septembre dernier

  • Après la décision annulant le contrat de MUI transitoire par le tribunal administratif au mois de décembre dernier

    Cette délibération annonce donc la suspension de deux consultations en cours :

  • Consultation pour l’attribution de la concession de service relatives à l’installation et l’exploitation des mâts et colonnes porte-affiches

  • Consultation pour la concession de services des MUI, Mobilité Urbain d’Information

Soit le cadre de la publicité pour les prochaines années. Or, compte tenu des délais pour la reprise des consultations – qu’on ne connaît pas, cela signifie une absence de marché pendant 20 mois.

Cette décision de suspension est compréhensible compte tenu de la succession d’erreurs plus ou moins grossières, sanctionnées par la justice. Mais cela pose la question de la manière dont l’impact budgétaire de ces décisions va être comblé. Car ces deux contrats représentent un montant cumulé de 50 millions d’euros par an.

Il est urgent d’avoir un débat sur le sujet. Sincère sur la place et les missions de la publicité en ville. Sur son rôle en matière de promotion des établissements culturels de la ville. Sur ses implications en termes tant budgétaires que de cadre de vie.

Je vous remercie.