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Maud Gatel: "Trouver l’indispensable équilibre entre la liberté de manifester et la liberté de vivre et travailler dans la capitale"

3 Avril 2019

A l'occasion du débat organisé en présence du Préfet de Police suite aux débordements de violence inadmissibles du 16 mars dernier, Maud Gatel rappelle que la préfecture de police comme la ville de Paris doivent prendre leur responsabilité en partenariat pour assurer la sécurité de tous dans le respect du droit de manifester

Madame la Maire, Monsieur le Préfet

Le 16 mars dernier, c’est une nouvelle fois la colère qui prévalait devant des scènes malheureusement trop vues depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes :

  • Les Champs-Élysées dévastés
  • L’outil de travail détruit, de nombreux commerces pillés
  • Des policiers pris pour cibles
  • Et même des habitants attaqués à travers un effroyable incendie volontaire.

Nous ne dirons jamais assez combien nous condamnons, avec la plus grande fermeté, les agissements des casseurs, et de tous ceux qui les soutiennent, notamment en refusant de se désolidariser face à la violence des actes contre les personnes et les biens.

Nous ne dirons jamais assez combien nous sommes reconnaissants aux forces mobilisées – policiers, gendarmes, pompiers, personnels de la Ville - qui chaque samedi depuis 5 mois, ont protégé et réparé notre ville dans des conditions éminemment difficiles.

Ces événements, comme ceux des 1er et 8 décembre sont intolérables.

Chaque samedi, depuis le 17 novembre, des membres des forces de l’ordre sont blessés, des habitants sont attaqués. Les Parisiens, les Franciliens et les touristes sont empêchés de se déplacer. Les transports sont interrompus, avec des conséquences sur la vie quotidienne des habitants. Les commerçants voient leur outil de travail dégradé et leur chiffre d’affaire chuter. Certains ont même été obligés, après des mois d’activité au ralenti, de mettre la clé sous la porte. Ceux qui ouvrent le font avec la peur au ventre. Des salariés sont au chômage technique. L’image de notre capitale est abîmée.

Les dégradations se chiffrent désormais en plusieurs dizaine de millions. 20 semaines désormais que Paris et ses habitants retiennent leur souffle.

Cela ne peut plus durer.
Nous connaissons les contraintes de la sécurisation de ce type de mobilisation :

  • Des manifestations non déclarées et non encadrées par des services d’ordre internes
  • De multiples trajets envisagés et envisageables qui rendent difficile la sécurisation de parcours inconnus et notamment l’enlèvement du mobilier urbain et du matériel de chantier qui servent trop souvent d’armes par destination
  • La présence de casseurs, dont les exactions ne sont désormais plus condamnées par une partie des manifestants

Face à ces nouvelles formes de mobilisation, qui ne datent pas des mobilisations des Gilets jaunes comme cela a été rappelé, il est nécessaire d’adapter l’intervention des forces de l’ordre :

  • A travers un commandement unifié
  • A travers une nouvelle organisation des forces de l’ordre autorisant une plus grande mobilité et agilité des forces de police qui doivent être en capacité d’agir vite contre les casseurs

Avec deux impératifs :

  • Le respect des libertés fondamentales et notamment le droit de manifester
  • La sécurité des manifestants, des forces de l’ordre, des commerçants et des habitants

D’ores et déjà, et sans attendre, il existe des dispositifs qui permettent de prévenir les débordements :

  • Le levier du périmètre d’interdiction, comme ce fut le cas sur les Champs-Élysées qui permet la verbalisation et l’interpellation de personnes ne s’y conformant pas
  • Les contrôles visant à empêcher que des armes n’arrivent sur les lieux de manifestation.

Tout l’arsenal juridique doit être mobilisé pour prévenir les violences que nous avons connues.

  • Et la justice doit désormais faire son travail face aux centaines de personnes interpellées. Pour permettre de rappeler les principaux fondamentaux de notre République et ce qui a été oublié par certains : casser, piller, mettre en danger la vie d’autrui doit être sévèrement puni. Il n’y aucune excuse ni circonstances atténuantes : on parle de vies humaines, de l’outil de travail, des impôts des Parisiens. Rien qui ne justifie la violence.

Chacun doit, à sa place, prendre ses responsabilités.

  • La préfecture de police, sécuriser les manifestations et assurer le maintien de l’ordre.
  • La ville de Paris, assurer la bonne diffusion de l’information auprès des arrondissements, des commerçants. Retirer les éléments de mobilier urbain afin qu’il ne soit pas utilisé comme arme.

Et soulager au maximum le travail des forces de l’ordre car elles sont soumises à une sur-sollicitation depuis maintenant 5 mois.

Monsieur le Préfet, la tâche qui vous incombe est lourde. Trouver l’indispensable équilibre entre la liberté de manifester et la liberté de vivre dans la capitale le samedi. D’y commercer, de se déplacer.

Chacun à sa place doit prendre ses responsabilités, dans le cadre de ses prérogatives, en partenariat, pour permettre à notre Ville de panser ses plaies et à notre capitale de retrouver son souffle.

Je vous remercie.