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Maud Gatel: si nous sommes favorables à la diminution de la place de la voiture en ville, nous regrettons la manière de faire

4 Juillet 2016

Maud Gatel, dans son intervention au Conseil de Paris, relève la portée limitée de la procédure de modification du Plan Local d'Urbanisme proposée par l’exécutif parisien.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Malgré le rôle central que joue le Plan local d’Urbanisme pour la Ville, la portée du texte que nous discutons ce matin est en réalité limitée par trois facteurs.

Le premier, c’est le choix d’une procédure de modification, qui à la différence de la révision, nous empêche de faire évoluer les objectifs de PLU adopté en 2006.

Or, en 10 ans, l’environnement a bien changé, en raison de l’exode urbain, de la compétition en matière d’attractivité des villes-monde et de la métropolisation qui change l’échelle de gouvernance. L’évolution des comportements, sous l’effet des nouvelles technologies, modifie par ailleurs considérablement la dichotomie traditionnelle des fonctions du bâti, entre l’habitat résidentiel et l’activité économique : ainsi de nombreux Parisiens dirigent-ils leur entreprise depuis chez eux ou transforment-ils leur appartement en meublés touristiques le temps d’un week-end. Les nouveaux modes de consommation, et notamment le commerce en ligne, font naître de nouveaux besoins en matière de logistique. Bref, les repères ont changé, et la procédure de modification du PLU ne permet que partiellement de faire évoluer un projet urbain, qu’il faudrait en réalité réinventer.

Le deuxième facteur qui bride la portée du PLU, c’est la montée en puissance de la métropole du Grand Paris. Dans quelques mois, c’est la Métropole qui élaborera le schéma de cohérence territoriale, le programme de l’habitat et de l’hébergement, et les éléments structurants de la politique en faveur du cadre de vie comme le climat, l’énergie ou la pollution de l’air. Autant de nouveaux documents avec lesquels le PLU parisien devra être compatible.

Enfin, dernier facteur qui limite la portée de la modification du PLU, c’est la nécessaire compatibilité du PLU avec le Programme local de l’habitat.

Nous avons eu l’occasion de le dire : nous ne souscrivons ni à certains objectifs, ni aux méthodes employées pour les atteindre. La politique menée par l’Exécutif dans le cadre du PLH est placée sous le dogme du chiffre, sans une indispensable vision globale pour la ville.

Une politique du chiffre qui n’est pas gage de mixité sociale car elle ne favorise pas le rééquilibrage au sein des quartiers. L’insuffisance accordée au logement intermédiaire, un élément pourtant central, se retrouve également dans la modification du PLU. La mixité sociale que nous appelons de nos vœux consiste en un panachage des types de logements sur un même quartier : très sociaux, sociaux, intermédiaires et privés. Pour y prétendre, il aurait fallu que les nouvelles constructions dans les zones non déficitaires prévoient seulement la possibilité pour les promoteurs de faire du logement intermédiaire. Ce n’est pas le choix qui a été fait, et nous le regrettons.

La politique du chiffre se traduit également dans les méthodes employées. Les objectifs de production de logements sont ambitieux, mais la réalité est toute autre, en raison des conventionnements de logements existants et des préemptions.

Politique du chiffre enfin, puisque la création des établissements d’accueil de la petite enfance et les écoles ne suit pas, un déficit en matière d’équipements publics d’ailleurs souligné par la commission d’enquête.

Bref, malgré l’importance de ce rendez-vous, ce n’est pas avec un enthousiasme débordant que nous abordons ce débat, même si nous saluons certaines modifications, notamment sur le volet environnemental. Je pense par exemple aux réservoirs de Grenelle, dans le XVe arrondissement, dont nous défendons depuis longtemps la préservation.

Mais sur le développement durable, il est parfois difficile de suivre l’Exécutif, tant les actes ne sont pas alignés avec les discours.

Paris est une ville dense qui a besoin de respiration. C’est une aspiration partagée par les Parisiens. Or le PLU prévoit que certains lieux, aujourd’hui préservés puissent être urbanisés. C’est totalement contradictoire et nous demandons que les parcelles concernées soient classées en espaces verts protégés et que les équipements sportifs ne soient pas impactés par de nouvelles constructions. Ce qui serait logique, à l’heure où le sport en ville est affiché comme une priorité…

La limitation des obligations de constructions de stationnements vient entériner la politique « anti-voitures » de la municipalité. Si nous sommes favorables à la diminution de la place de la voiture en ville et dans l’espace public, nous regrettons une nouvelle fois la manière de faire, qui consiste à, je cite, « dissuader » les automobilistes d’utiliser leur voiture. Une politique censée, pour l’Exécutif « permettre de favoriser les transports en commun ». Or, pour nous, ce n’est pas la contrainte qui doit prévaloir. La ville doit déployer des moyens ambitieux en faveur des modes de transport alternatifs. Permettre aux Parisiens, aux Franciliens, d’abandonner leur voiture en leur proposant de réelles alternatives, répondant aux besoins de mobilité dans de bonnes conditions, ce qui signifie transports accessibles, confortables et rapides. Et nous en sommes malheureusement encore loin.

Libérer l’espace public des voitures ; dans les parkings souterrains privés et publics qui comportent de nombreuses places vides.

Sur la question des performances énergétiques et environnementales des bâtiments, si nous partageons totalement l’intention, nous regrettons que les prescriptions ne soient pas plus fermes dans leur rédaction, avec de simples « incitations » où les comportements, installations ou matériaux vertueux sont « privilégiés » ou « recommandés ». Une règle d’application stricte permettrait de produire des effets en phase avec l’ambition affichée en termes de réduction des gaz à effet de serre, de réduction des déchets, et de sobriété environnementale et énergétique de l’urbanisme parisien.

Quant aux protections du commerce et de l’artisanat, le règlement du PLU protège des linéaires supplémentaires, mais ne dispensera pas d’une réflexion au cas par cas sur la qualité des commerces et artisans à implanter, en remplacement de ceux qui ferment.

Sur les questions de logistique urbaine et du logement, je laisse mes collègues exprimer plus en détail nos analyses et nos propositions de vœux en la matière.

Je vous remercie.

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