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Maud Gatel dénonce au Conseil Municipal le bilan insincère de la Maire de Paris

12 Novembre 2019

A l'occasion du débat budgétaire, Maud Gatel, Conseillère de Paris, dénonce le bilan insincère de la Maire de Paris: de l'argent non dépensé pour des politiques publiques plébiscitées, des engagements non tenus et pourtant une dette qui file.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Ce débat d’orientations budgétaires est l’occasion de tirer un bilan de la politique budgétaire de la ville, puisqu’il s’agit du dernier exercice de la mandature.

Comme vous avez décidé de faire de cette communication un outil particulièrement communicant, reprenons vos termes :

  • Vous revendiquez la « Modération, efficience des dépenses ». Au cours de la mandature, vous avez profité de la manne immobilière, qui n’a cessé d’augmenter année après année. Les droits de mutation poursuivront cette trajectoire en 2020, + 4, 4% par rapport à 2019. Cette addiction à la spéculation immobilière vous a permis de ne pas chercher la sobriété, contrairement à ce que vous affirmez.
  • Vous affirmez avoir « Développé des services publics de haute qualité pour les Parisiennes et les Parisiens ». La sous-exécution du PIM - à fin 2020, on en sera à 8,7 milliards contre 10 milliards initialement budgétés - est l’une des variables qui permet de ne pas atteindre les 7 milliards de dette à la fin de la mandature. Les engagements de 2014 ne seront pas tenus. Ce qui vient s’ajouter aux nombreuses lacunes des politiques publiques. Une bonne nouvelle pour les finances publiques certes, mais pas pour le respect des engagements pris.
  • Vous parlez de « Régularité, sincérité et fidélité de nos comptes » : doit-on reparler des loyers capitalisés qui auront représenté, au cours de ce mandat, plus d’un milliard d’euros, qui devrait, en réalité, venir abonder le déficit de la ville ?

Et en termes de régularité, ce débat est l’occasion de noter le retour des recettes publicitaires, soit 43 millions qui viendront abonder le budget au titre des MUI et des Mâts et colonnes après le vaudeville que nous avons connu et qui nous aura coûté a minima 45 millions d’euros.

  • Enfin, vous affirmez avoir « Préservé les marges de manœuvres financières de la Ville » : non content d’avoir augmenté la dette qui pèsera sur les générations futures, l’échéancier de remboursement de la dette est difficilement soutenable avec des remboursements qui augmenteront considérablement dès 2021, obérant ainsi les marges de manœuvre budgétaires.
  • Alors c’est vrai, nous assistons cette année au ralentissement de l’endettement, dont nous ne pouvons que nous réjouir. La dette continue d’augmenter mais à un rythme moins élevé.

Ce qui fait que la dette n’augmentera pas d’un ½ milliard par an comme la Ville nous y avait habitué mais seulement de 257 millions.

Nous serions particulièrement heureux si cela s’agissait d’un choix guidé par les principes de bonne gestion et de lutte contre l’insoutenabilité budgétaire. Ce n’est pas le cas malheureusement. Et cela pose la question de l’efficacité et de la lisibilité de l’action.

  • Au-delà, quid de l’efficacité ?

Retour sur le PIM. Un seul volet, celui des transports. Sur lesquels étaient prévus plus d’un milliard d’euros.

Or, seuls 346 millions d’autorisation de programme sur le milliard d’euros ont été ouverts. Soit 38% des autorisations de programme relatives aux transports publics à l’échelle du Grands Paris inscrits entre 2015-2020. Ceux dont on a tant besoin. Cela correspond au retard du prolongement de la ligne 14, et au bouclage du T3. Ainsi qu’au report sine die de projets comme c’est le cas pour la ligne à haut niveau de service sur les quais hauts.

Et je ne reviendrai pas sur le plan vélo, son retard de réalisation et ce qu’il y a redire sur la qualité des aménagements.

De l’argent non dépensé pour des politiques publiques plébiscités sur tous ces bancs. Des engagements non tenus et pourtant une dette qui file.

Au final, cette communication illustre la même insincérité dans la manière de parler des finances de la ville. Vous semblez découvrir les contraintes existantes. Comme toujours. C’est à cause de la contractualisation avec l’État, de la nécessaire solidarité avec la Région.

Si les inflexions sont réelles, elles sont davantage subies que choisies.

Comment avoir un débat sincère dans ces conditions ?

Je vous remercie.