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Maud Gatel demande au moins 20% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables

25 Septembre 2018

Au Conseil de Paris Maud Gatel et les élus du groupe UDI-MoDem se sont prononcés pour une politique offensive en faveur de l'électrique dans l'évolution du service de véhicules partagés à Paris.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Cette délibération s’articule autour de deux volets.

  • Elle vise d’une part à prolonger les Conventions d’occupation du domaine public de 8 mois pour les 3 opérateurs dans le cadre du service actuel de véhicules partagés lancés en 2015.
  • Et d’autre part, elle entend fixer la redevance d’occupation du domaine public pour l’autopartage dans la perspective d’un nouvel appel d’offre.

Une délibération éminemment technique sur un sujet tout à fait central. Et la manière dont il nous est présenté ce soir est dommageable. Plutôt que de débattre des principes qui doivent prévaloir, nous devons nous prononcer sur des mesures qui en découlent, sans que le débat n’ait eu lieu.

Trop souvent, nous devons nous prononcer sur des tangibles sans avoir défini les orientations globales. Nous l’avons dit à de multiples reprises. La politique des déplacements et de mobilité ne peut consister à un simple millefeuille. C’est l’articulation qu’il faut travailler car nous sommes tous multimodaux !

La politique des mobilités doit se concevoir globalement et nécessite anticipation et adaptation.

Or ici, nous avons une nouvelle fois l’illustration d’une politique de mobilité « à la découpe » :

  • Après le vote en juillet d’une délibération « placebo » relative au stationnement des véhicules d’autopartage en free floating pour essayer de pallier les désastreux effets de l’arrêt brutal d’Autolib, nous voilà sollicités sur l’auto partage en boucle. Pas de débat d’ensemble de ces deux modes pourtant éminemment complémentaires.

La politique de mobilité de la ville se caractérise aussi par son absence d’anticipation. C’est le cas ici avec cette délibération visant à prolonger le contrat pour éviter une interruption de l’offre de service avant le lancement d’un nouvel appel d’offre. Une interruption qui serait particulièrement dommageable en l’absence d’alternative depuis l’arrêt brutal d’Autolib. 

Trop souvent, la politique de mobilité de la Ville se contente d’être dans la réaction à des pratiques, à des usages qui se développent.

Ce fut le cas lors de l’irruption des trottinettes en free floating que la ville a subie. Jusqu’à affirmer une tolérance pour leur utilisation sur les trottoirs ce qui est une aberration compte tenu du caractère accidentogène de telles pratiques pour les piétons. Depuis vous avez fait machine arrière, heureusement.

Le rôle de la puissance publique est de déterminer la stratégie, fixer le cadre et de réguler ses usages. Pourtant, on a souvent l’impression d’assister à une politique de cavalerie…

L’autopartage en boucle constitue un volet très important de la politique de mobilité. Elle est une alternative à l’usage individuel et  :

  • Remplace, selon l’ADEME, 5 à 7 voitures individuelles
  • Et libère autant de places de stationnement.

Depuis 2015, il existe une offre d’autopartage en boucle à Paris. 111 stations, soit 222 places de stationnement en voirie, sont dédiées au service de véhicules partagés. De 6 opérateurs au départ, nous sommes passés à 3, sur 91 stations. La ville perçoit 500 000 euros par an de redevances. C’est un service qui répond à des attentes et participe au mix mobilité.

Problème : l’autopartage en boucle a été négligé au profit d’Autolib. Résultat : 80 % des Parisiens n’ont pas connaissance de cette offre d’autopartage.

Par cette délibération, vous nous proposez de fixer le prix des redevances. C’est indispensable pour que les opérateurs puissent se positionner. Pour autant, afin d’avoir un débat éclairé sur le sujet, d’autres éléments doivent rentrer en ligne de compte :

  • La durée de la concession : ce n’est pas la même chose que la concession soit fixée à 3 ans, comme c’est le cas aujourd’hui, ou davantage.
  • La communication associée : cette offre d’autopartage doit être visible pour être connue des Parisiens, sans quoi elle ne trouvera pas sa place.
  • Et enfin, l’emplacement des 1 000 futures places et les principes sous-jacents qui doivent prévaloir, doivent aussi être débattus.

Pour préciser les choses, nous avons déposé un vœu. Pour de longs trajets, et en l’état de la technologie, l’électrique n’est pas toujours adapté. Pour autant, au regard des objectifs de bannir le thermique d’ici à 2030, il faut impérativement que la politique d’autopartage y participe. Et dès lors fixer des objectifs en matière d’offre électrique, et ne pas simplement compter sur l’incitatif – des places moins chères pour l’électrique.

D’où notre vœu proposant de fixer un seuil d’au moins 20% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables…

Cela pose bien sûr la question de l’utilisation des bornes électriques des stations Autolib. Il est urgent de pouvoir les réutiliser. Le réseau Bélib est notoirement insuffisant et le réseau Autolib palliait cette insuffisance.

La situation actuelle est très dommageable. Pour les propriétaires de véhicules électrique bien sûr, mais également pour la réussite de la politique en faveur de la mobilité électrique que nous soutenons. Il est urgent d’agir, avec le SMAVM, pour trouver une solution rapide à la situation actuelle que nous regrettons.

Je vous remercie.

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