Modemparis.fr
Paris
Accueil > Article > Maud Gatel, conseillère de Paris, intervient sur le niveau de recyclage des déchets de la ville de Paris, bien loin de la moyenne des collectivités locales

Maud Gatel, conseillère de Paris, intervient sur le niveau de recyclage des déchets de la ville de Paris, bien loin de la moyenne des collectivités locales

22 Novembre 2017

Le niveau du recyclage à Paris, même s’il a augmenté légèrement, reste bien loin de la moyenne des collectivités locales qui est de 35%. Maud Gatel s'interroge quant à l'atteinte des objectifs fixés au niveau national de réduction de 10% entre 2010 et 2020.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Avec un an de retard, le précédent plan s’étant achevé en 2015 et alors que le décret fixant le contenu et les modalités d’élaboration des PLPDMA a été publié en juin 2015, vous nous présentez le Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés.

Ce dysfonctionnement pourrait être dépassé si on n’avait pas, dans le même temps, à déplorer une augmentation de la production totale de déchets de 0,64%, de 483 kg en 2014 à 488 kg en 2016.

Pourquoi, alors qu’il s’agit d’un sujet absolument majeur pour tenir les engagements de la collectivité, pourquoi donc a-t-il fallu deux ans pour élaborer ce plan ? Surtout qu’on ne peut pas dire que ce qui nous est présenté est totalement révolutionnaire. L’essentiel du plan qui nous est aujourd’hui présenté consiste à formaliser dans le cadre légal du PLPDMA des mesures déjà annoncées dans :

  • -  Le plan stratégique de lutte contre les déchets alimentaires,

  • -  Le schéma parisien de la commande publique responsable,

  • -  Le plan compost,

  • -  Le plan relatif à l’économie circulaire.

    Or, la réduction du tonnage des déchets ralentit et le bilan tiré du précédent PLPD est loin d’être positif. Vous le dites vous-même. Si le précédent PLPD a vu de vraies avancées – développement du compostage, sensibilisation des enfants dans le cadre pédagogique – il n’a pas permis d’embarquer des partenaires de premiers plans : professionnels, et bailleurs notamment.

Pour nous, cette nouvelle étape à travers le PLPDMA manque d’ambition et ne va pas suffisamment loin dans la mobilisation des acteurs pour atteindre les objectifs, ambitieux, que nous fixe la loi : la réduction de 10% des déchets ménagers et assimilés entre 2010 et 2020. Soit une baisse de la quantité de DMA de 17kg par habitant d’ici 2020.

Il y a énormément de choses dans la communication que nous appelons de nos vœux. Mais il est désormais temps de changer de braquet pour avancer sur cette question.

- Sur la question des infrastructures :

En 3 ans, un seul espace de tri est sorti de terre, faisant passer leur nombre, pour tout Paris, de 7 à 8. Auxquels s’ajoutent 2 points tri.
Quant aux ressourceries, si l’objectif est fixé d’un établissement par arrondissement d’ici 2020, nous sommes encore loin du compte avec seulement 9 structures.

C’est insuffisant. Les chiffres montrent que les Parisiens jettent encore trop plutôt que de privilégier le réemploi. L’augmentation du nombre de ressourceries, que nous appelons de nos vœux, n’en devient que plus urgente. Et au-delà du nombre, c’est aussi la communication qui doit être améliorée afin que ces dispositifs soient mieux connus des Parisiens.

Car on sait que les infrastructures sont une condition sine qua non pour augmenter la collecte. On le voit avec le textile. Quand on va au plus près des Parisiens, cela fonctionne : grâce à un parc de 256 conteneurs sur la voie publique, la collecte est passée à 3 046 tonnes de textile en 2015 soit + 5,2% par rapport à 2014.

- Sur la question de la sensibilisation / communication :

Il est encore trop difficile, y compris pour les Parisiens sensibilisés, de trouver les bonnes structures pour contribuer au réemploi et ainsi à la prévention des déchets.
Or, notre économie de plus en plus fondée sur l’usage et non la propriété. Et c’est tant mieux. Il faut donc accompagner ce mouvement.

Et les initiatives se multiplient : des bourses aux vélos, des trocs de jouets. Dès lors, il est impératif d’améliorer la communication sur les dispositifs existants pour accompagner ce mouvement et permettre aux Parisiens de contribuer à la politique de prévention des déchets.

Toujours en matière de communication, et compte tenu des retours liés à l’autocollant « Stop pub » : 6% des BAL parisiennes ont un stop pub et 48% des seraient prêts à en avoir un si on leur fournissait - , nous renouvelons notre proposition de fournir à chaque nouvel arrivant un Guide du tri, permettant de sensibiliser les nouveaux Parisiens aux pratiques en cours, qui peuvent varier par rapport à leur commune de provenance en ajoutant à ce guide un autocollant « Stop pub » pour les inciter à l’apposer sur leur BAL.

- Sur la question de la mobilisation des professionnels :

Les enseignements du précédent PLPD montre que ce maillon, pourtant essentiel, n’a pas suffisamment été mobilisé dans le cadre de la réduction des déchets.
Or, nous ne pourrons pas relever le défi sans les professionnels. C’est la lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est la diminution des emballages. C’est la raison pour laquelle il faut mobiliser tous les leviers, y compris en termes fiscaux. Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler. Expérimentons la tarification incitative en termes de gestion des déchets. Les exemples dans les collectivités qui l’ont mise en place montrent une réelle efficacité de cette mesure. Et finalement peu de resquilleurs. Certes, cela demande une organisation, mais le numérique la facilite et la tarification incitative constitue un formidable levier pour changer les comportements. De tous. Des professionnels et des industriels car la demande viendra du consommateur. Moins d’emballage inutile, éventuellement même changement de comportement d’achat.

Un mot sur le tri car la question de la prévention des déchets ne peut passer sous silence cette question centrale. À Paris, nous sommes très en retard. 72 % des déchets ménagers des Parisiens, soit ce que contiennent les bacs verts, pourraient être déviés. Et en 2016, 18, 7 % des déchets placés dans les bacs jaunes relèvent d’erreurs de tri. C’est beaucoup trop, et cela ne diminue pas.

Le niveau du recyclage à Paris, même s’il a augmenté légèrement, reste bien loin de la moyenne des collectivités locales qui est de 35%. Vous le reconnaissez d’ailleurs en écrivant dans le PLPDMA en indiquant « il semble que les Parisiens ne se soient pas appropriés le geste de tri ». En matière de tri, comme en termes de réemploi, pour atteindre les objectifs fixés au niveau national de réduction de 10% entre 2010 et 2020, qu’attendons-nous pour changer de braquet ?

Je vous remercie.

Agenda

22/11/18 à 19:00

Réunion des Démocrates du 12è arrdt

29/11/18 à 19:30

Réunion du groupe Europe

Voir tout l'agenda