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Gilets jaunes à Paris: chacun à sa place pour prendre ses responsabilités !

11 Décembre 2018

Maud Gatel intervenait au Conseil de Paris suite à la manifestation des Gilets jaunes: "chacun à sa place, exécutif, maires d’arrondissement, élus et préfecture de police, doit prendre ses responsabilités, dans le cadre de ses prérogatives, pour permettre à notre Ville de panser ses plaies".

Madame la Maire,
Monsieur le Préfet de Police, Mes chers Collègues,

La Colère. C’est la trame de fond de cette tragédie dont Paris a été la victime ces 4 derniers samedis.

La Colère qui mène certains de nos compatriotes à converger vers la Capitale pour manifester ; une colère à laquelle se mêlent des criminels pour casser, agresser et dont les actes doivent être condamnés avec la plus grande fermeté, sans la moindre ambiguïté.

La colère, la nôtre et celle de tous ceux qui aiment Paris, de voir des symboles de la Nation attaqués ; des vitrines défoncées et des magasins pillés ; des voitures et des biens calcinés; du mobilier urbain détruit; des habitants menacés, pris à partie.

À la suite de ces événements, nous tenions à réitérer nos remerciements. Remerciements et hommage à celles et ceux, policiers, gendarmes, pompiers, agents de la Ville qui, dans des conditions parfois extrêmes, avec professionnalisme, abnégation et compétences ont apporté à cette colère aveugle la meilleure des réponses: accomplir leur mission, servir leurs concitoyens, protéger aussi longtemps que possible et réparer.

A nous maintenant !

Nous, conseillères et conseillers de Paris ne sommes pas là pour débattre des mesures à prendre par le gouvernement pour répondre à la fracture sociale et démocratique, ancienne, mais exprimée avec force ces dernières semaines. C’est la seule responsabilité de l’État, que vous, Monsieur le Préfet de Police représentez, comme les parlementaires qui siègent dans nos rangs.

N’en déplaise à certains, nous ne sommes pas à l’Assemblée nationale, au Sénat ou aux Nations-Unies.
Chacun doit rester à sa place.

Avec humilité, sans ignorer la réalité, sans récupération, sans leçons faciles. Durant ce mouvement, il y a eu de trop nombreux responsables irresponsables. Attisant le feu en espérant en récolter les fruits. Mais on ne bâtit rien sur des ruines.

Un contrat social et civique doit être redessiné. Par le dialogue. Chacun à sa place. Chacun dans son rôle. Avec détermination et efficacité. C’est aussi cela le message de ces mobilisations.

Voilà, en tant qu’élus de la Capitale, notre seule responsabilité, notre seul devoir, notre seule feuille de route.
Voilà ce que les Parisiens attendent de leur ville et de leurs responsables :

- 1 Restaurer l’ordre

Pour ce faire, comme cela a été dit, nous devons veiller à la bonne coordination des moyens mis en place entre la Ville et la préfecture de Police de Paris et tirer les enseignements des derniers événements.

Nos forces de l’ordre sont reconnues pour leur maîtrise des situations sensibles. Pour autant, la philosophie sous-jacente au maintien l’ordre a paru dépassée par une nouvelle forme de mobilisation et de contestation, plus protéiforme. Des rassemblements non déclarés et dès lors difficiles à sécuriser comme vous l’avez rappelé.

Samedi dernier, le mode opératoire a évolué et couplé à un déploiement exceptionnel des forces de l’ordre, il a permis de garantir le droit de manifester tout en évitant que la situation ne dégénère davantage.

Pour autant, aucune situation, quelle que soit sa gravité, ne doit autoriser de s’affranchir des principes de l’Etat de droit. Manifester est un droit constitutionnel. Il ne peut y avoir d’interpellations préventives, mais uniquement des interpellations liées à un délit. Et le droit de manifester n’en est pas un.
De la même manière, l’utilisation de la force doit être proportionnée et la déontologie des forces de sécurité garantie et je vous remercie Monsieur le Préfet de Police de vos propos sur le sujet.

- 2 Accompagner et soutenir les commerçants touchés, écœurés, parfois traumatisés.

À ce titre, nous réitérons notre demande de guichet unique auprès du fonds d’indemnisation pour les commerçants touchés par les violences afin de faciliter leurs démarches et les accompagner dans leur demande d’indemnisation.

Et accompagner aussi les habitants victimes de dégradation de leurs biens.
Bien sûr, l’État devra rembourser les dégâts. C’est de droit. C’est une obligation juridique ; c’est un devoir moral. Ce sera le cas, comme cela a été fait par le passé, mais la ville peut accompagner cette démarche.

- 3 Veiller à l’espace public

Lors des manifestations, le mobilier urbain, les barrières de chantier ont servi d’armes par destination aux casseurs. J’entends la difficulté à sécuriser un espace public non délimité, mais nous devons tirer les enseignements de cela pour à l’avenir permettre à la ville de mieux anticiper les besoins.

- 4 Valoriser l’image internationale de la capitale

Notre Ville a souffert, il faut la réparer. Pour ses habitants, mais aussi pour que son rayonnement mondial ne soit pas trop entamé. Face aux inquiétudes de la communauté internationale, il faut envoyer des signaux forts pour rassurer et attirer à nouveau les touristes sur notre territoire.

- 5 Travailler à la meilleure manière d’informer les citoyens

En la matière, on peut toujours s’améliorer. Merci Monsieur le Préfet de Police de vos propositions quant à la pérennisation du circuit de travail et d’information mis en place ces derniers jours. Nous avons une responsabilité collective pour informer, relayer l’information et faire remontée les préoccupations et attentes des Parisiens

Les Parisiens sont des Français comme les autres. Ils n’ont pas plus de droits, mais ils n’en ont pas moins non plus. Samedi dernier, Paris était à l’arrêt. Dans les quartiers périphériques aux manifestations, le silence pesant était seulement troublé par les sirènes hurlantes de la police et des ambulances. Les Parisiens ont été empêchés de se déplacer, de travailler, de se cultiver. De très nombreux commerçants ont eu peur d’ouvrir leur magasin, créant un manque à gagner extrêmement important à quelques semaines de Noël. Et de cela, personne ne peut se réjouir.

Chacun à sa place, exécutif, maires d’arrondissement, élus et préfecture de police, doit prendre ses responsabilités, dans le cadre de ses prérogatives, pour permettre à notre Ville de panser ses plaies.

Je vous remercie.