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Baptiste Boussard: une mission au service de la voirie et des déplacements

19 Janvier 2019

[Tribune] Baptiste Boussard, adjoint au maire du 1er arrondissement en charge de la voirie et des déplacements, revient sur ses missions et ses priorités au service des habitants.

Parfois peu visibles les missions de l’adjoint à la voirie et aux déplacements sont pourtant multiples. Comment décririez-vous vos priorités ?

La circulation, l’entretien des trottoirs, des routes, les transports en commun, tous ces sujets touchent aux missions de la voirie. Nous sommes sollicités à la Mairie du 1er sur tout ce qui concerne les travaux privés et publics ayant un impact sur la voirie.

Lors de grands travaux d’aménagement nous assistons aux réunions avec les entreprises. Nous émettons des avis sur les projets, la manière dont vont se dérouler les travaux, nous soulignons les impacts potentiels sur les riverains, les commerçants. Notre objectif consiste à limiter au maximum les nuisances sonores, olfactives et tout autre type de gêne (poussière etc.).

À l’échelle du 1er, en tant qu’adjoint à la voirie je mène des réunions quasi journalières, sur le terrain, avec les équipes concernées. Nous essayons de favoriser la fluidité automobile, nous nous battons pour garder des zones de livraison, de stationnement. Il s’agit d’un véritable travail de l’ombre.

Nombreux sont les projets provenant de l’Hôtel de Ville dont on ne partage pas toujours la pertinence. On ne nous consulte pas, on ne nous informe pas jusqu’au dernier moment. Pourtant les projets d’aménagement impactent le 1er arrondissement. Le 1er doit être un des quartiers en France générant le plus de gros chantiers, en terme d’ampleur. La plupart sont des chantiers privés : la Samaritaine, la Bourse du commerce, la poste du Louvre, la fondation Cartier. Le problème est que tous les aménagements prévus par la Ville ne sont pas coordonnés avec les chantiers privés. Là-dessus viennent se greffer les petits chantiers privés - réhabilitation d’immeubles, de commerces - on en arrive à avoir une gêne permanente : une forte affluence de camions, d’ouvriers générant des flux de circulation importants. En théorie nous n’avons pas notre mot à dire mais on se bat pour en limiter les effets négatifs. Citons les pistes cyclables rue de Rivoli, l’aménagement des zones 30, la piétonisation de certains sites. Nous avons demandé un moratoire sur les changements de sens de circulation jusqu’à la fin des travaux. Nous n’avons jamais eu de réponse de l’Hôtel de Ville sur le sujet.

Comment travaillez-vous avec les équipes de la voirie de la Ville ?

Nous travaillons avec des équipes très compétentes mais qui n’ont plus de moyens, suite à la modification du règlement de voirie de 2015. Auparavant quand une entreprise privée faisait des fouilles, des excavations préalables à des travaux, la voirie se chargeait de remettre les trottoirs ou les chaussées en état. La Ville, pour des raisons faussement budgétaires, a décrété que désormais cette tâche reviendrait aux entreprises. C’est beaucoup plus complexe, plus long. On réduit désormais le service de voirie de la Ville à un rôle d’exécutant et de surveillant des travaux.

Quels sont les projets sur lesquels la Mairie du 1er peut avoir une action directe ?

Nous travaillons sur un petit projet, le réaménagement de la place André Malraux squattée par les deux roues à qui l’on va trouver de nouveaux emplacements de stationnement. Nous oeuvrons aussi à la végétalisation de l’arrondissement, à travers l’ajout de jardinières, ainsi qu’à l’amélioration du jardin des Halles. Tout cela dans un but précis : retrouver une vie de quartier dans ce secteur des Halles, trop longtemps affecté par les travaux.

Comment oeuvrez-vous au quotidien pour réduire les nuisances du chantier de la Samaritaine ?

C’est un vaste chantier, comprenant la rénovation de plusieurs bâtiments historiques classés, dans une zone d’habitation, regroupant une crèche, une école, une église, un musée pour enfants. Ce chantier complexe génère des nuisances sonores dues au passage des camions. On mène des combats quotidiens pour limiter les effets néfastes à savoir les odeurs, les poussières, le bruit. A cela s’ajoutent les cadeaux de M. Delanoë et Mme Hidalgo à la Samaritaine : ils leur ont accordé la piétonisation de la rue de la Monnaie au détriment des riverains et des commerçants alentour ayant souffert du chantier des Halles pendant des années et de celui de la Samaritaine. En conséquence les deux lignes de bus qui circulaient rue de la Monnaie ne peuvent plus le faire. La circulation étant stoppée rue du Pont Neuf, on se bat pour que les rues autour, embouteillées en permanence, retrouvent de la fluidité. Là encore, aucune de nos multiples demandes et questions, n’a reçu de réponse officielle de la Mairie de Paris.

La circulation est une de vos préoccupations majeures…

Effectivement, nous voulons fluidifier la circulation dans l’arrondissement. Plus la circulation sera fluide moins il y aura de pollution. Pour cela il faut laisser les livreurs travailler, les taxis circuler, les riverains âgés, handicapés ou les parents utiliser une voiture pour se déplacer. Je défie nos grands élus de prendre le RER le soir avec une poussette ! Lorsque l’on parle de pollution, la priorité c’est de montrer l’exemple, d’avoir des véhicules propres, des transports en commun sécurisés. Je préférerais que la ville finance des bus électriques sécurisés plutôt que de dépenser des millions sur les aménagements de voirie qui n’ont pas d’impact réel ou de vision d’avenir.